Il y a quelques semaines encore, je ne connaissais que ce fameux remix de Wankelmut qui passait à la radio.
Hier soir j’ai répondu à l’invitation du Mouv’ pour un concert privé au cours duquel Asaf Avidan présenterait en live son nouvel album Different Pulses. Et il faut croire qu’à Radio France aussi ils avaient envie de le voir! Devant l’entrée, une vingtaine de personne interloquées : il n’y a plus de places, même avec les invitations. Rien ne sert d’insister, c’est plein. Puis certains s’en vont, et l’on discute : « Nous on vient d’Arras là » « Et nous de Rouen »! Certains rebroussent chemin, nous ne savions pas trop quoi faire. Et là la porte s’ouvre : « Bon, ce sera debout, mais encore 6 personnes peuvent rentrer ».
Ouf! On se dépêche, on pousse la porte. C’est parti.
Malgré l’inconfort du fond de studio, le vigile devant nous dans l’escalier, quelques personnes qui circulent, Asaf Avidan et ses musiciens nous plongent vite dans leur monde. Et ce monde là est mélancolique, doux, tinté de pointes d’humour mais aussi de longues réflexions sur le sens de la vie, de l’amour. Asaf Avidan est un homme en reconstruction et chaque étape de sa vie a laissé sur lui des stigmates. De ses trois années de service militaire il a gardé une crête sur la tête et une paire de rangers; il se tient sur scène comme il devait se tenir enfant, tantôt les jambes emmêlées, tantôt la tête dans les mains comme s’il ne savait pas trop où se terrer; ses déboires amoureux ont scarifié ses cordes vocales à la manière de Janis Joplin.
Durant une heure et accompagné d’un batteur, et de trois nymphes aux percussions, claviers, violoncelle et voix additionnelles, Asaf Avidan a ému un Studio 105 plein comme un oeuf et pendu à ses lèvres. Qu’il chante ou bien qu’il commence à parler de son bonheur d’être là et de son aversion pour les années 1980, personne ne semblait vouloir manquer une miette de ses nouvelles chansons, une seule goutte de ses interprétations profondes et enjouées. Et comme pour rappeler une dernière fois qu’il n’est pas que le Poor Boy qu’il chantait il y a quelques années, le dernier titre de la setlist était une sorte de parodie de blues à la John Lee Hooker ou bien Chuck Berry. De quoi sortir de la Maison de la Radio avec le sourire aux lèvres et l’envie d’y retourner très vite.
Vidéo du live bientôt disponible sur Arte Live Web : http://liveweb.arte.tv/fr/video/Asaf_Avidan_le_Mouv_/
En attendant, le live audio sur le site du Mouv’ : http://www.lemouv.fr/evenement-asaf-avidan-en-concert-prive-0
Les dates de la tournée au printemps et plus d’infos sur http://www.asafavidanmusic.comSa chaîne YouTube : http://www.youtube.com/user/mymojolove

