Contrat rempli pour Kavinsky, dans la mesure où on ne l’attendait absolument pas ailleurs que dans ce registre d’électro-rétro qui résonne comme l’âge d’or du synthétiseur dans les années 1980. OutRun, c’est l’accomplissement de longs mois (voire années) durant lequels Kavinsky a savamment su se faire un nom auprès du grand public, sortant de la confidentialité de son réseau (Mr Oizo, SebastiAn, Daft Punk).
On récapitule donc ce que tout le monde sait déjà : un gros coup de pouce de la part de Cliff Martinez qui choisit le titre Nightcall pour figurer sur les bandes-originales de La Défense Lincoln et bien sûr Drive. Ensuite, une publicité Mercedez-Benz remarquée, illustrée par le morceau Road Game. Joli coup : les deux titres sont présents sur OutRun, et c’est peu dire qu’on se sent en terrain connu à leur écoute, sans compter Testarossa Autodrive que les initiés retrouveront avec plaisir.
Alors oui, OutRun est une très bonne remise au goût du jour, d’une ambiance que l’on pensait un peu vieillotte, mais qui redevient facilement tendance. De toute façon vous connaissez déjà le look, avec le blouson, la gomina, les lunettes fumées… pas besoin d’en faire trop non plus pour apprécier des morceaux comme ProtoVision ou Rampage, de l’électro souvent instrumentale qui compte énormément sur ses beats et basses pour rythmer l’écoute. Plus originales, des pistes comme Suburbia et First Blood trouveront un bon accueil chez les amateurs de hip-hop et de soul.
Très bon album, OutRun pose cependant une nouvelle fois la question de la durée de vie des vieux styles musicaux qui reviennent à la mode. Résistera-t-il au changement de tendance ? Nous n’aurons la réponse que dans quelques mois. En attendant, profitons-en.
4 / 5