« Bonjour, nous sommes les horreurs ». C’est en prononçant cette drôle de phrase que les cinq membres de The Horrors investissent la scène de l’hippodrome d’Hyères. Armés de leurs frimousses chevelues et d’une dégaine décontractée, les musiciens forment l’archétype du groupe british que l’on se plait à détester – je parle de cette nonchalance qui caractérise tous ces horribles bébés rockeurs de la décennie passée. Heureusement, The Horrors n’a rien du groupe de jeunes cons, et n’a plus à prouver sa légitimité. Skying, dernière galette en date, aura permis de remettre en place les idées des plus indécis : oui, The Horrors est incontestablement un bon groupe de rock.

© Bruno Rit
Sur scène, les anglais délivrent une musique spacieuse et frénétique. La voix de Faris Badwan est énergique, tandis que les changements de rythme sont nombreux et sans transition: impossible de s’ennuyer dans de telles conditions. Certes, pour les habitués, rien de bien nouveau à l’horizon, si ce n’est deux titres inédits – très classiques – joués en avant-première et qui devraient être présents sur le prochain disque du groupe, attendu pour la fin de l’année. Les morceaux fédérateurs – Still Life, Sea Within a Sea – sont quant à eux joués avec rage, et parviennent à faire rugir de plaisir une foule assurément conquise par la prestation des cinq garçons, en passe de devenir les sorciers qu’ils ont toujours voulu être. Dans un final de haute volée, les instruments hurlent à la mort, venant nous achever dans un vacarme de plaisir.