De retour au Midi Festival après un passage remarqué en 2011, King Krule, anciennement Zoo Kid, est aujourd’hui devenu l’une des coqueluches de la scène pop indé. Fruit d’une mécanique marketing particulièrement bien huilée, Archy Marshall de son vrai nom, se la joue cool en arpentant sa crinière rousse comme un trophée de guerre, et sa guitare comme un outil de torture. Sauf que le londonien n’est pas l’homme qu’il pense être, puisque sa personne pue le produit industriel fabriqué pour exciter les hipsters faussement iconoclastes et autres journaleux qui s’extasient comme jamais sur un musicien qui n’a, pour le moment, rien prouvé – rappelons que son premier album doit sortir le jour de ses 19 ans, le 24 août prochain.

© Bruno Rit
Comme prévu, sa musique sur scène ne réserve que peu de surprises à celui qui connait l’artiste pour ce qu’il est, à savoir un chanteur déversant son spleen sans aucune retenue dans un micro faisant office de punching ball vocal. Certes, la performance est très maitrisée, dans la droite lignée de ce que l’on attend d’un tel personnage – un peu de force et de la poésie –, tandis que l’acrimonie du bonhomme est réelle. Mais l’ensemble manque clairement d’incarnation et ne ressemble qu’à une énième caricature d’un artiste faussement paumé. Pis : lors de son passage sur scène avec Mount Kimbie, le jeune anglais lisait ses paroles sur un papier qu’il tenait main gauche.
Après son concert, le petit garçon, descendu dans la fosse, refusait de prendre des photos avec son public venu le rencontrer. Orgueilleux vous dites ? Précisons aussi que le même petit garçon a récemment déclaré dans une interview ne pas être surpris de compter parmi ses admiratrices une certaine Beyoncé. Il nous semble que la modestie n’a jamais été un vilain défaut, mais nous pouvons nous tromper.