À l’occasion de leur passage pour la Route du Rock d’hiver il y a quelques semaines, on a rencontré Jazz, Antonio, Leia et Carla pour discuter un peu, et en apprendre un peu plus sur ce groupe qui risque de faire parler de lui ces prochains mois. On avait découvert les jeunes espagnols de Mourn par l’écoute de leur premier album rempli de fureur et d’une rage juvénile. La rencontre, elle, fût chaleureuse et animée.
Pouvez vous vous présenter pour nos lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore?
Jazz : On est quatre nerds, qui jouent de la guitare et pas mal d’autres trucs aussi
Carla : On est quatre adolescents qui jouent de la musique sérieuse
Antonio : On peut dire ça comme ça, on est des adolescents qui ne font pas de la musique pour adolescents.
Comment s’est crée le groupe, comment tout ça s’est passé?
Jazz : J’ai rencontré Carla au lycée, il y a deux ans à peu près, et on avait pas vraiment beaucoup d’amis parce qu’on était nouvelles à l’école. Je me suis rendue compte qu’elle jouait de la guitare, et elle que je jouais de la batterie, donc on s’est dit : « hey, on a qu’a former un groupe! », enfin non, plutôt, « on a qu’a se retrouver pour jouer ensemble ». Et puis genre un an après, on avait un truc comme 10 chansons, et là on s’est dit qu’on devrait peut être monter un groupe. Je connaissais Antonio depuis l’école primaire, on s’est rencontré à 11 ou 12 ans, et il a toujours très bien joué de la batterie, même à 12 ans. Depuis toute petite j’avais envie de monter un groupe avec lui, mais je ne jouais pas assez bien. Et puis quand j’ai commencé à jouer avec Carla, je me suis améliorée, et je me suis dit : « ok, maintenant Antonio voudrait peut-être bien jouer avec moi ». Je lui ai demandé et il a dit oui ! Et puis il y a Leia, qui est ma petite soeur, et donc la meilleure personne pour venir compléter le groupe.
J’ai pu lire que vous étiez influencés par PJ Harvey, est ce que vous avez tendance à écouter et à être influencés par la musique de groupe du même genre que vous? Ou avez-vous des goûts plus larges?
Antonio : Non, on est assez divers je dirai. Moi j’écoute beaucoup de hip hop, de rap, et de métal.
Carla : J’aime beaucoup la musique africaine, les sons un peu étranges, et évidemment, la musique des 90’s.
Antonio : C’est bizarre parce qu’on joue de la musique très instrumentale, comme de la musique électrique, mais on écoute beaucoup de musique électronique.
Mais du coup, vous pensez que d’une certaine façon, ça revient dans votre musique?
Carla : Je pense qu’il y a des choses dans le son des années 90 nous nous attire, et que c’est pour ça que l’on en arrive là avec notre musique.
Jazz : En fait, on ne se dit pas qu’on va forcément écrire ce genre de morceaux, ça vient juste tout seul.
Avec les standards d’aujourd’hui, utilisez-vous beaucoup internet dans votre communication? Ou le considérez-vous comme un média comme les autres?
Antonio : Oui, on est beaucoup connectés aux réseaux sociaux.
Jazz : Et on prend beaucoup de vidéos aussi!
Antonio : Ça va avec notre génération, on est obligé d’être dessus et de s’en servir.
C’est marrant parce que quand j’ai vu la pochette de votre album, la photo renvoyait quelque chose d’assez sombre, noir, mais quand on vous rencontre, on se rend compte que c’est pas du tout ça!
Carla : Oui, on est toujours en train de faire des blagues, de se marrer. Par exemple, l’instant juste après que la photo de l’album soit prise, on était en train de faire des conneries !
Antonio : Oui, on est pas tout le temps fatigués et tristes !
Ça reste une bonne photo !
Tous : oui, elle est vraiment cool..
Votre album a été très bien reçu par la critique, comment le ressentez-vous? Pensez vous que cette exposition met un peu plus de pression sur votre travail d’écriture ou sur vos live? Ou cela vous donne peut être une énergie nouvelle et de nouveaux buts?
Jazz : Non, c’est cool, j’imagine que les gens nous connaissent comme ça, parce que t’es chez toi, en train de faire de la musique pour t’amuser, et puis un jour un gars de dit » Hey, je veux que vous veniez jouer au USA! », et c’est un peu hallucinant. Je sais pas, c’est tellement bien, et on voudrait vraiment que ça continue toujours comme ça.
Pour les gens dans leur vingtaine comme moi, votre musique sonne comme si elle était influence par d’autres générations, un peu plus comme dans les années 90, pensez vous qu’aujourd’hui c’est dur pour un jeune groupe d’intéresser les jeunes avec une musique qu’on peut classer comme alternative ou indépendante?
Jazz : Oui, c’est difficile. En Espagne, par exemple, les gens de notre âge n’écoutent pas en général le genre de musique qu’on fait, ils écoutent plutôt des trucs commerciaux.
Antonio : Du R’n’B un peu cheap…
Jazz : Ils veulent pas chercher. Je veux dire, quand ils écoutent quelque chose qui leur plaît, ils ne se disent pas : « j’adore ce groupe, je vais aller voir ce qu’ils ont fait d’autre! »
Antonio : Ils écoutent uniquement ce qui passe à la radio.
Carla : Je pense qu’ils ont l’impression qu’il y a tellement de musique, de morceaux, et que si ils se penchent sur un morceau et cherchent qui l’a composé, comme par exemple PJ Harvey, ils vont aller regarder combien d’album elle a sorti, et qu’ils vont être effrayés. Je pense que peu de personnes de notre âge veulent découvrir de la musique, des groupes.
Antonio : Je pense qu’ils ne cherchent qu’à écouter que ce qui se fait de nouveau, et qu’un truc qui est sorti l’an dernier leur semble déjà dépassé. Ils se disent « je vais pas danser là dessus parce que c’est vieux ».
Jazz : « 2008, oh mon dieu, c’est tellement vieux! »
Après un album et une tournée internationale, quels sont vos plans pour le futur?
Antonio : On avait déjà pas prévu ce qui nous arrive maintenant, donc c’est compliqué de se projeter plus tard encore…
Jazz : Sortir d’autres trucs, peut être un nouvel album, et puis juste jouer, tourner encore.
