Arctic Monkeys – Favourite Worst Nightmare

Les plus fidèles se souviennent du choc quand la chronique de Whatever People Say I Am, That’s what I’m not , premier album des Arctic Monkeys, a paru sur Onlike. Crachats, insultes et autres joyeusetés composèrent l’essentiel des réactions. L’incendie fut légèrement atténué avec l’EP Who the fuck are Arctic Monkeys ? , depuis, vous comme moi attendions avec impatience le nouvel album, Favourite Worst Nightmare , histoire de voir si la malédiction sonore se répète.

Et bien coupons court immédiatement au suspense insoutenable avec cet avis tranché et d’une parfaite objectivité : Favourite Worst Nightmare est meilleur que Whatever People Say I Am, That’s what I’m not , point barre. C’est sans doute pour cela qu’il se vendra moins bien d’ailleurs, les amateurs des Arctic Monkeys ayant probablement perdu la moitié de leur faculté auditive à force d’écoutes répétées du premier album et peut-être même de concerts. Mais après tout, pour devenir fan du groupe, il fallait déjà avoir pas mal de saletés dans les oreilles, donc pas vraiment une grande perte.

Les nouveaux bruitages de cet album sont donc mieux pensés, c’en est presque dommage pour tout bon détracteur qui se respecte mais enfin, il faut savoir s’incliner. Autant dire que la formule n’a pas tellement changé, mais elle a été réorganisée. C’est donc avec une certaine satisfaction que l’on trouvera dans Favourite Worst Nightmare une vraie construction, une vraie cohérence, du premier morceau (et single) Brianstorm (ouh le jeu de mots subtil. Mais qui est ce "Jack Uzi" dont parle également la chanson ?) jusqu’à… un peu partout, en fait. Brianstorm est bon, Teddy Picker aussi, D Is For Dangerous est moyen, Balaclava est original (non je plaisante, c’est juste la guitare qui change), et si je suis obligé d’aller aussi vite dans le tracklisting c’est parce qu’il ne me laisse pas le choix, vu la longueur des morceaux ! Autant dire que je n’ai jamais tapé aussi vite (ah si, pour le premier album des Arctic Monkeys, j’avais tapé très fort, à coups de massue sur le CD. On s’en fout, c’était un CD promo). On reprend : Fluorescent Adolescent est gentillet, et chose rare, Only Ones Who Know est soporifique. Bah oui quand on ne se sait faire qu’un seul genre de musique, on se casse la figure sur les autres, en l’occurence ici, la ballade. Nous reprenons le cours de notre programme avec l’un des meilleurs titres de l’albums (notez que je n’ai pas écrit "l’un des moins pires", la mode de l’ouverture sans doute), Do Me A Favour a en effet pour lui un très bon final qui hausse le morceau vers les sommets. On replonge ensuite avec This House Is A Circus, dans la même veine (forcément) mais moins réussi. Décevant aussi, If You Were There, Beware, destructuré et maladroit. On remonte d’un cran avec The Bad Thing, on rebaisse sur Old Yellow Bricks, mais dernier coup d’orgueil, 505 est le troisième temps fort du disque, puisque cette fois-ci la conversion est réussie. A vrai dire, je n’avais jamais entendu aussi prometteur de la part des Arctic Monkeys depuis leurs démos.

Greffier, notez : il reste un espoir pour les Arctic Monkeys. En éliminant tous ceux qui préfèrent le premier album à celui-ci, on lutte contre la surpopulation de la planète tout en risquant de faire de l’eugénisme. Tant pis, l’évolution de la Musique en dépend.

  1. Brianstorm (2.50)
  2. Teddy Picker (2.43)
  3. D Is For Dangerous (2.16)
  4. Balaclava (2.49)
  5. Fluorescent Adolescent (2.57)
  6. Only Ones Who Know (3.20)
  7. Do Me A Favour (3.27)
  8. This House Is A Circus (3.09)
  9. If You Were There, Beware (4.34)
  10. The Bad Thing (2.23)
  11. Old Yellow Bricks (3.11)
  12. 505 (4.13)
3 / 5