C’est le grand retour d’Alec Ounsworth, et accessoirement de son groupe, même si chez les Clap Your Hands Say Yeah on ne peut que rester sur la marque de fabrique qu’est cette voix, proche de… rien du tout, si ce n’est le croisement d’un chat enrhumé avec Thom Yorke. Après un premier album éponyme reconnu par la critique et le public (même si une bonne partie du public ne peut décemment pas supporter cette voix), voici Some Loud Thunder , une pochette toujours aussi désastreuse et des compositions toujours aussi recherchées. Sauf que maintenant, ce n’est pas un premier album, et le spectre de la redite plane…
On ne trouvera peut-être pas autant de singles accrocheurs cette fois-ci, pas de The Skin Of My Yellow Country Teeth ravageur. Et pour être honnête l’album commence mal : les deux premiers titres, Some Loud Thunder et Emily Jean Stock, ont l’air de sortir d’un micro-ondes musical où les saveurs ont disparu. Fort heureusement ceci est presque immédiatement oublié par les deux pistes suivantes. En effet, Mama, Won’t You Keep Them Castles In The Air And Burning ? bénéficie d’une excellente seconde partie et Love Song No.7 prend des accents de Supertramp forts agréables. Que penser alors de Satan Said Dance et de ses bruitages, si ce n’est que l’enchaînement aurait mérité d’être plus réfléchi. On passe ainsi d’une simili-classieuse musique à un gimmick dancefloor bidouillé avec des bips de jeux vidéo (au choix, Tetris, Mario ou Pac-Man). On retrouve surtout le débit vocal d’Alec Ounsworth rencontré sur le premier album.
Upon Encountering The Crippled Elephant joue le rôle d’interlude instrumental à l’orgue de barbarie, sans réel intérêt, avant que l’on reprenne avec Goodbye To Mother And The Cove, un long morceau dont malheureusement la première partie laisse penser à quelque chose de tout en progression, mais le final tend à se faire trop attendre et le résultat s’apparente à un pétard mouillé. C’est peut-être à ce moment que la lassitude apparaît réellement, dénotant une absence de rythme surtout lorsque l’on se remémore les précédents singles qui ont fait le succès du groupe. Arm And Hammer fait plat, Yankee Go Home n’accélère que pour son refrain et son final, et c’est presque Underwater qui fait office de morceau de clôture à moins qu’il ne soit couplé avec Five Easy Pieces tant la conclusion est longue (car non, il n’y a pas de piste cachée, c’est bien six lentes minutes qui vous attendent à la fin).
Et si… et si le mini-phénomène Clap Your Hands Say Yeah commencé en 2005 allait gentiment redescendre finalement, doucement retomber, et s’éteindre dans la masse ? Some Loud Thunder fait penser à un virage raté : volonté de prendre une autre tournure (à ce niveau, le positionnement de la voix d’Alec Ounsworth est largement meilleur sur cet album) mais en n’ayant pas repris les bons éléments du premier album au premier rang desquels, le côté dynamique. Cette orientation est donc surprenante, car il est fort peu probable qu’au nom de Clap Your Hands Say Yeah les amateurs s’attendent à disque ronronnant, à quelques exceptions près.
– Some Loud Thunder (2.47)
– Emily Jean Stock (4.00)
– Mama, Won’t You Keep Them Castles In The Air And Burning ? (4.27)
– Love Song No.7 (4.31)
– Satan Said Dance (5.32)
– Upon Encountering The Crippled Elephant (1.13)
– Goodbye To Mother And The Cove (5.37)
– Arm And Hammer (2.00)
– Yankee Go Home (3.32)
– Underwater (You And Me) (5.18)
– Five Easy Pieces (6.47)