Pour vous parler d’Editors, j’ai pris le temps. Le temps d’écouter, réécouter encore et encore In This Light And On This Evening, ce troisième album studio qui amorce un grand virage dans le registre du groupe. Je n’ai jamais tellement apprécié Editors, sans doute parce que le chanteur Tom Smith me rappelle trop celui d’Interpol, Paul Banks, et que les deux formations se sont révélées assez proches, avec une nette préférence de ma part pour la plus ancienne (Interpol donc, vous suivez).
Mais l’eau a coulé sous les ponts, et il faut avouer qu’Interpol s’est lentement retiré du devant de la scène (je n’ai même pas chroniqué leur troisième album Our Love To Admire sorti en 2007). Au même moment, dans l’ombre, Editors amorçait son changement de direction, remplaçant ses guitares par des synthés. Le résultat est que In This Light and On This Evening est un album complexe, parfois emprunté, plutôt décevant aux premières écoutes, mais qui se révèle au fur et à mesure, pour peu que l’on ne le lâche pas en cours de route. Voici l’exemple-type de l’album qui ne s’assimile pas immédiatement.
Editors veulent désormais se donner un style, un vrai, à eux. Mais le qualificatif « emprunté » ne vous aura pas échappé dans le paragraphe précédent. Car en voulant se démarquer, le groupe glisse parfois dans de curieux travers, des sons qui frôlent la simple copie de Depeche Mode ou de New Order, voire d’Arcade Fire. Ne vous emballez pas à la simple évocation de ces groupes prestigieux, le résultat du mélange sur In This Light and On This Evening n’est généralement pas à la hauteur d’un seul de ces noms. Ce n’est pas grave, car le disque s’en sort bien pour toute sa première moitié. Même l’affreux single Papillon devient un incontournable quand on le prend dans la généralité de l’album.
Pour autant, le vrai emblème reste le titre éponyme, In This Light and On This Evening, qui fait l’ouverture. Parfaitement complété par Bricks and Mortar (puis par le fameux Papillon) vous avez le meilleur du nouveau son d’Editors. A partir de The Big Exit (piste 5 sur un total de 9) les choses commencent à se gâter: manque d’inspiration, fin de l’effet de surprise, mais recette désormais addictive inchangée.
Sans détour, In This Light and On This Evening est le meilleur album d’Editors. Tom Smith y impose sa voix avec encore plus de facilité et le groupe sort grandi de son revirement électronique. Il ne reste plus qu’à se démarquer des influences et à en devenir une.
3.5 / 5