The Dandy Warhols est un groupe qui roule. Et c’est avec ce septième (huitième ?) album studio que l’on réalise que l’on a aussi beaucoup roulé avec eux, que les années passent, et qu’il y a comme une bienveillance à l’accueil de chaque nouveau disque, une fébrilité aussi. Car avouons-le : les Dandy n’ont pas réitéré la perfection de leur foudroyant Thirteen Tales From Urban Bohemia (2000) ou Welcome To The Monkey House (2003).
Donc oui, le « défaut » des Dandy Warhols est peut-être celui d’avoir collé une claque au rock dès leurs débuts en mettant la barre très haut, une barre qu’ils auront eux-mêmes du mal à atteindre par la suite. Tant pis, pour beaucoup d’amateurs de l’époque, ils ont acquis le statut de groupe fétiche. Et This Machine possède avant tout cette aura qui rend impatient.
Et ce qui ne change pas avec le temps, c’est facilité, voire la fainéantise, avec laquelle nos rockeurs empilent les chansons. C’est presque devenu leur méthode de fabrique. Alors, là encore il n’y aura pas de tubes tels que l’on les sait tellement capables d’en faire. Juste des titres inspirés qui se détachent : The Autumn Carnival, l’enchanteur Well They’re Gone… et d’autres encore plus remarquables. Parmi eux, l’expérimental Alternative Power To The People, déroutant au premier abord (et puis, quel jeu de mot encore une fois…) avec la voix saturée très agaçante. Et d’un seul coup le déclic, la chanson finit par ne plus énerver, et au contraire on en redemande.
Enfin, petite cerise sur le gâteau, un titre qui ne démériterait pas sur les ondes pour séduire le grand public : le très pop-rock Rest Your Head nous confirme que The Dandy Warhols pourraient parfaitement être l’un des groupes les plus célèbres de ces dernières décennies. Ils ont choisi de ne pas se forcer. This Machine est leur nouveau cadeau.
3.5 / 5