White Girl, chaos d'une jeunesse américaine

Écrit et Réalisé par Elizabeth Wood
Avec Morgan Saylor, Brian Marc, Justin Bartha, Chris Noth, India Salvor Menuez.
États-Unis
88 minutes
2016

Fraîchement arrivée à New York pour commencer ses études, Leah, affamée de découvertes, savoure frénétiquement cette nouvelle liberté, tombe amoureuse d’un garçon et se voit prise dans une spirale sans fin.

En France, nous avons eu BANG GANG de Eva Husson. De la même manière, il n’est pas utile de faire une comparaison avec Larry Clark, l’approche et les idées sont totalement éloignés. Certains diront que WHITE GIRL va trop loin, qu’il s’agit de ne montrer que les dimensions « alcool, sexe & drogues » d’une jeune génération. Or, à la manière du film de Eva Husson, c’est l’ivresse de la jeunesse qui est traitée ici. La fougue, le rêve et les espoirs d’une jeunesse se traduisent par une aise dans un univers chaotique. Ces jeunes personnages vont toujours plus loin, repoussant leurs limites, puis livrant leur innocence, leur naïveté et leur fougue à une émancipation.

Parce qu’il s’agit avant tout d’un chaos grandissant, alors toute cette innocence devient la conscience et la naïveté devient l’initiation au monde adulte. Par contre, la fougue est toujours présente, mais servant désormais la tragédie. L’énergie de cette jeunesse est, au début et jusqu’au bouleversement narratif principal, le moteur d’un bonheur dans une vie rayonnante de possibilités. Ensuite, elle devient la source du malheur, l’élément qui crée le cauchemar. Ce que le long-métrage montre, dans la plupart de ses séquences, c’est comment la fougue de la jeunesse est à la fois sa beauté mais également son fardeau.

La relation entre Leah et Blue traverse cette idée de la beauté devenant un fardeau, parce que leur amour est à la fois envoûtant / passionnel (pour les personnages) mais surtout destructeur. Leur amour est à l’image de la drogue : une addiction qu’il faut absolument récupérer parce qu’elle alimente une vivacité, une énergie débordante. Cet amour se retrouve vite maudit, mais pourtant la passion regorge d’idées pour parvenir à ses propres moyens. Telle une spirale qui tourne de plus en plus vite, où la répétition des soirées et du danger devient le moteur du quotidien, ce qui rend le rêve vivant / l’espoir permis.

C’est une sauvagerie personnelle, où la caméra finira par isoler la protagoniste Leah dans un univers qui lui est propre : celui de la jeunesse perdue, qui a dévié, afin de vouloir retrouver une passion de vivre. Autour, il y a la dure réalité et la cruauté du manque de prudence. La responsabilité de ces jeunes fougueux passe avant tout dans la déambulation. Assez spontanée, car le désespoir remplit l’esprit des personnages. Toutefois, la déambulation marque la redondance de plus en plus rapide / rapprochée des espaces dans le montage. Les boîtes de nuits, le bureau de l’avocat et l’appartement du patron sont autant d’espoirs où la jeunesse doit s’encrer. Parce que la jeunesse fougueuse a besoin d’un attachement et elle le trouve dans le bouillonnement du corps, se positionnant dans les espaces où le fantasme peut donner un coup de pouce à la dure réalité, avec un danger permanent.

4 / 5