Ne passez pas à côté du troisième album des BRMC sans respirer. Respirez le mystère qui s’en dégage, respirez le folk qu’il transpire, respirez la poussière qu’il semble contenir, respirez la couleur noire si profonde de leur son puissant.
Puissants, les deux premiers albums, B.R.M.C. et Take them on, On your own , l’étaient, hissant ainsi rapidement le groupe au rang de rockers talentueux. Du son lourd, du rock pur, bruyant mais de qualité. Autant dire qu’ils commençaient à faire parler d’eux dans un public de plus en plus large, et que ce troisième album sentait déjà la descendance des deux précédents.
Mais là, pan, la claque. Rien à voir, c’est une surprise. Howl risque bien de dérouter quelques fans. N’étant pas dans cette catégorie, j’applaudis des deux mains : Howl est superbe, grandiose, phénoménal. De l’aveu même du groupe, cet album est un retour aux sources, à leur vrai son et leurs vraies voix.
L’album commence avec ce fameux « Ti-i-i-iiime won’t save our souls » qui introduit Shuffle your feet, première piste et non des moindres. Un rock posé, totalement folk, à la rythmique entraînante (grâce à ses claps). Une vraie chanson de saloon, où l’on perçoit déjà la qualité des voix des trois membres du groupes. On enchaîne avec la chanson éponyme, Howl, surprenante avec son intro au synthé répétitif, puis ses tambours graves, pour aboutir à une véritable marche musicale qui ne cesse de s’envoler. Devil’s waitin’ marque la première des ballades de l’album ; un blues mélancolique que l’on croirait sortir du fin fond d’un Etat d’Amérique comme la Louisiane ou l’Alabama, et là encore, des voix impressionnantes, que ce soit la principale ou les choeurs en gospel à la fin du morceau. Allez, après ce coup de marteau, voici le premier single, Ain’t no easy way et son « It’s easy to fall in love » ; de nouveau, un morceau entraînant, un vieux rock bien poussiéreux, car les BRMC ont introduit dans leur album « l’accessoire musical ultime » : l’harmonica, avec une brillante utilisation au fil des pistes, qui fait passer le tambourin de Liam Gallagher pour un hochet (désolé Liam, j’avais dit, pas de tambourin). Et voici qu’arrive Still suspicion holds you tight, de nouveau un superbe harmonica sur le refrain, un titre plus lourd dans sa rythmique mais à l’ensemble qui demeure léger. Encore une chanson qui reste.
Fault line est la deuxième ballade de l’album, même ambiance que la première, un côté « vieille Amérique » de plus bel effet. Quant à Promise, le titre d’après, il marque la présence d’un piano, pour une chanson calme comme jamais on aurait soupçonné les BRMC à l’aise dans ce style. Tandis que Weight of the world poursuit un peu le mouvement, dans un registre plus sombre, pour une petite promenade rock. Et voici maintenant Restless sinner, troisième ballade, où une nouvelle fois la guitare et les voix sont à l’honneur. On pourrait croire que Gospel song est également une ballade, mais son final envolé lui donne un cachet plus marqué. Remarquez et appréciez la simplicité mais l’efficacité d’une chanson comme Complicated situation, un minimum d’instruments mais une mélodie et des paroles marquantes.
Sympathetic noose est quant à elle plus étoffée mais tout autant réussie et entêtante. Et enfin, The line marque un final en beauté, sombre voire inquiétant. Après un léger silence, les ultimes minutes de l’album nous offrent un guest track faisant penser à (attention c’est personnel) un chant de bataille au réveil, après une guerre sanglante ; un petite côté irlandais également. Bref, magique.
ET BREF, génial. Howl se hisse sans peine en tête de tous mes albums de 2005. Encore une fois, la barre a été montée d’un cran. Après la « déception » des albums attendus, c’est donc une suprise qui me scotche les oreilles. Décidemment 2005, quelle année…
5 / 5Il y a 9 autres articles à lire.