Bloc Party – A Weekend In The City

Tout le monde a eu un avis sur Silent Alarm , le premier album de Bloc Party, sorte de recueil de singles et par certains côtés, de véritables hits imparables au premier rang desquels figure Banquet évidemment. Après nous avoir annoncé leur retour avec un excellent single Two More Years, on attendait donc A Weekend In The City , second album, plein de promesses.

Autant dire que l’on plonge dans l’album avec hâte, voire même empressement, et c’est sans doute le plus gros défaut, non pas du disque, mais de l’auditeur. A la fin d’une première écoute, il n’est pas impossible que l’on se rue sur son ordinateur, que l’on lance son site et que l’on crie au scandale (sur le clavier) tant on se demande où sont passés les tubes ! Car Bloc Party a changé ; rien de perceptible au début, ça aurait pu être une simple baisse de qualité, chronique finie, 4 sur 10 et puis basta. Non, l’approche est différente, ce n’est pas aussi simple, il faut presque se forcer, se livrer à une analyse des titres, chercher l’explication. D’une façon générale, Bloc Party a fait un album plus cohérent que Silent Alarm , mais plus construit aussi, ce qui le rend moins accessible. Dans le détail il s’ouvre sur Song For Clay qui est à la fois réussi et déroutant, puisque son introduction met en valeur la voix de Kele Okereke d’une manière dépouillée et inhabituelle. La suite n’est que reprise d’ingrédients efficaces maitrisés par le groupe. C’est véritablement avec les morceaux suivants que l’on prend conscience de l’évolution de la musique du groupe. Hunting For Witches et Waiting For The 7.18 jouent encore le rôle de tampon entre l’ancien et le nouveau Bloc Party. Malheureusement pour l’enchaînement, le premier single The Prayer pris dans sa “singularité”, apparaît tout simplement comme mauvais, dès lors qu’on lui colle l’étiquette Bloc Party. Et à vrai dire, même dans le déroulement de l’album, ce titre arrive bien trop tôt. Rien que son refrain sonne comme un accomplissement plutôt que l’annonce d’un retour en grandes pompes. Un ambassadeur très mal choisi donc, qui ne doit pas laisser de côté les pistes suivantes comme Uniform et son intéressante rupture malheureusement pas assez exploitée, le très recherché Kreuzberg, et puis… et puis finalement non, avec la meilleure volonté du monde difficile de sauver la suite de l’album. Il y a des titres que l’on pourra franchement écarter comme On qui empeste le réchauffé, Where Is Home ?, I Still Remember sans grand intérêt, pour finir sur Sunday et SRXT (malgré son envolée finale) qui font perdre définitivement le fil du disque et ressemblent à un exercice vocal de Kele Okereke. En définitive 4 sur 10, oui, c’est bien cela : les trois premières pistes et un mélange des huit autres. Dommage, comme on dit dans ces cas-là.

2 / 5
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