Bon Iver @ Les Nuits de Fourvière ’12

Il y a 3 ans, je découvrais les Nuits de Fourvière avec ce qui allait être le meilleur concert de ma vie (il l’est toujours actuellement) : la reformation exceptionnelle de Blur était sublimée par ce décor antique et magique du théâtre romain. Un cadre exceptionnel, une acoustique exceptionnelle, l’endroit idéal pour voir un groupe exceptionnel.

Et Bon Iver est ce genre de groupe. Justin Vernon, entouré de huit musiciens multi-instrumentistes (dont deux batteurs-chanteurs, ce qui est toujours remarquable) a enchanté une nouvelle fois —  après Hyères et l’Olympia — un public conquis par ses deux albums plein de grâce : For Emma, Forever Ago et Bon Iver. Et lorsque, après une très belle première partie (My Brightest Diamond, bien qu’un peu trop étirée et qui a pu endormir par la magnifique voix de Shara Worden) les lumières s’éteignent enfin et que les premières notes de Perth résonnent, tout le monde se prend la claque sonore et visuelle du théâtre romain. C’est parti pour 1h30.

Son et Lumière

Vous vous en doutez peut-être quand vous voyez 9 personnes monter sur scène, mais à un concert de Bon Iver vous pouvez oublier tout de suite le côté intimiste des albums. Les chansons sont métamorphosées. Les arrangements qui font le charisme des albums, sont complètement retravaillés en concert. En découlent des titres qui se prennent des envolées rock inédites, bien loin de ce que l’on peut imaginer dans son salon.

Côté mise en scène, les lambeaux de toiles de jute pendent au-dessus de la scène et s’animent au fil des images qui sont projetées dessus, tandis qu’au sol des lampes (on dirait des lampes de chantier) servent tantôt de bougies de substitution, tantôt de spots cadencés au rythme de la musique. Le tout est du plus bel effet.

crédit photo : @woocares69

Même remarque que pour l’Olympia : il y avait de la place pour jouer un peu plus de morceaux du premier album, mais c’est surtout le second qui fut à l’honneur. Alors évidemment, lorsque Justin Vernon empoigne seul une guitare pour jouer coup sur coup Re:Stacks et Skinny Love, il transporte avec lui un public sous le charme de sa voix aux multiples dimensions.

La conclusion du concert sera grandiose, d’abord avec ce Beth/Rest d’anthologie qui aura déclenché le traditionnel « lancer de coussins » bon enfant qui contribue à la magie du lieu, ensuite par ce rappel (très premier album pour le coup, The Wolves et For Emma) qui suscitera une standing ovation bien méritée pour un groupe qui démontre qu’un concert peut devenir une réelle expérience artistique. On redescend de Fourvière (au sens propre comme au figuré) en se disant qu’il ne faudra pas attendre 3 ans pour revenir.

Setlist

  1. Perth
  2. Minnesota, WI
  3. Towers
  4. Flume
  5. Creature Fear
  6. Hinnom, TX
  7. Wash
  8. Holocene
  9. Blood
  10. Re:Stacks
  11. Skinny Love
  12. Michicant
  13. Calgary
  14. Beth/Rest
(rappel)
  1. The Wolves
  2. For Emma

Bonus

Comme d’habitude je ne me risque plus à sortir l’iPhone pour prendre des photos qui seront ratées donc si vous avez des trouvailles du concert n’hésitez pas à les poster en commentaire, leurs auteurs seront crédités.