Breton – War Room Stories

On aurait pu craindre un groupe-éclair, une oeuvre unique, étincelante, éphémère, sans suite. Le premier album du collectif britannique Breton a eu le succès qu’il méritait. Mais la confirmation sur scene n’était pas au rendez-vous, comme en témoignent nos différents comptes-rendus.

Pour autant, l’annonce d’une suite donnée à Other People’s Problems a suscité l’enthousiasme général. Car le travail effectué sur la production du premier album était remarquable, donnant à espérer au minimum la même chose sur War Room Stories.

Et c’est le cas. Indéniablement pensé et construit avec autant de réflexion que pour le précédent, ce nouveau disque enchaîne les titres de manière méthodique, eux-mêmes ayant vraisemblablement fait l’objet de plusieurs « couches » d’arrangements soignés. On retrouve en fil conducteur la voix désabusée de Roman Rappak, mise en exergue ou en arrière-plan selon l’instrumentation. L’articulation avec le violon sur Closed Category en est un bon exemple.

Cependant, comment ne pas mentionner un rapprochement de plus en plus évident entre Breton et Foals à mesure que défile War Room Stories ? Des accents math-rock prononcés (National Grid) jusqu’à la construction et même la voix (Brothers), le mimétisme est parfois total (life forever).

Ne boudons pas notre plaisir : Breton réussit son retour en studio et signe effectivement l’un des premiers grands albums de 2014, comme on a pu le lire ailleurs. On ne sera qu’encore plus exigeant concernant les prestations en concert cette année. Finis les effets de scène avec la capuche, Roman.

4 / 5