Cascadeur, Elysian Fields @ Amiens Jazz Festival

Le Festival d’Amiens de Musiques de Jazz et d’Ailleurs fête cette année ses 30 ans (ne cherchez pas, c’était ce weekend). Cette édition avait pour sous titre « La Culture a un prix ». Initiative moderne et à demi surprenante, l’équipe du festival avait en effet décidé de livrer les places aux enchères publiques. Chaque acheteur nommait son prix au moment de l’achat des places (au minimum de 1 euro). Plus d’invités, de VIP, par contre tout le monde payait. Et c’était une heureuse surprise, pas si inattendue puisque inscrite dans l’époque; mais ce sont les premiers à proposer cela, et à réellement le faire. Un anniversaire avec des corones, qui espérons portera ses fruits (on attend le bilan financier d’après festival). Pour le mot de bienvenue, c’est par ICI.

Et Amiens ne faisait pas pour autant de demi-programmation pour son public ; Yael Naïm, Bumcello, Rodolphe Burger, Chocolate Genius, Piers Faccini, Albin de la Simone, Shaolin Temple Defenders, Mamani Keita, … et au grand soir du samedi, Cascadeur et Elysian Fields. Deux prestations en petit comité, où le public n’est pas séparé par des barrières ou une sécurité ostentatoire. Non, des petits espaces, des contacts directs entre un public respectueux et des artistes généreux. Le temps de set plus long que dans un festival classique (1h20 au minimum), Cascadeur puis Elysian Fields ont fédéré une audience déjà conquise.

 

Photo : N_ymphe @ Flickr (mais pas à Amiens)

 

Le premier sort un album et fait la une du moment, ce qui ne l’empêche pas de répondre présent pour venir jouer devant une centaine de personnes et offrir aussi bien des morceaux de son album que des inédits ou des anciens titres, jouant sans parader, look de Daft Punk et musique dans la ligne droite d’un Kid A dix ans après. Oui, Cascadeur ne révolutionne pas le genre mais calme les nerfs. D’une voix apaisante, enchaînant les titres sur fond de vidéos ennivrantes. Magnétique, joueur, il confirme sa solidité alors que le grand public devrait le découvrir de plus en plus. Pour Elysian Fields aussi, le comité d’accueil n’était pas plus d’une centaine de membres, mais l’atmosphère était là; sous le chapiteau du Magic Mirror, la bande new yorkaise, accompagnée de Sarah Murcia, débute son set sans coup férir, cueillant le public dès le départ. Après quelques expressions françaises maladroites, et une bonne heure et demi de musique, marquée par 3 rappels, le groupe confirme sa popularité française. ça tombe bien, vous devriez les revoir très vite dans l’Hexagone. Ressortant hypnotisé du concert, on reste sur son petit nuage pour quelques temps… Avant de poursuivre sur le set nocture des Djs invités.

On tombe rapidement sous le charme d’Amiens et de son festival. Loin des grosses machines estivales, et offrant pourtant une belle sélection d’artistes, l’évènement fêtait son 30e anniversaire sous le signe de l’ouverture vers son public, une fois encore. Reste à voir ce qu’il adviendra de la prochaine édition, à coup sûr en attente du bilan de cet anniversaire particulier. S’il fait aussi beau, et que les artistes sont au rendez-vous, il ne faudra pas longtemps pour qu’on reprenne nos places!

http://www.amiensjazzfestival.com/