Un nom de groupe qui sonne très hype et pas forcément très attirant (comme la pochette de l’album d’ailleurs) mais ce serait une grave erreur de passer à côté car cela tend vers le haut de gamme.
Ces cinq américains originaires de Brooklyn proposent un premier album au titre éponyme qui a très vite su gagner l’engouement de pas mal de monde et notamment de la presse musicale… Il suffit d’y plonger ses oreilles pour comprendre pourquoi cet enthousiasme a très vite traversé l’Atlantique malgré une sortie européenne (janvier 2006 seulement) prévue pour beaucoup plus tard qu’aux USA.
L’album commence par ce premier titre Clap Your Hands !, qui nous plonge dans un univers de divertissement et qui annonce le début du spectacle avec ces voix qui, accompagnées d’un pseudo orgue de barbarie, entonnent :
« CLAP YOUR HANDS ! But I feel so lonely CLAP YOUR HANDS ! But it won’t do nothing CLAP YOUR HANDS ! But I have no money CLAP YOUR HANDS ! Are you up to something ? CLAP YOUR HANDS ! Where’s my milk and honey ? CLAP YOUR HANDS ! But I just look funny CLAP YOUR HANDS ! »
Le reste de l’album est subjugant… Seul obstacle : la voix du chanteur qui pourra vraiment rebuter quelques uns à la première écoute ; très habitée, parfois criarde mais assez nuancée d’une chanson à l’autre. Mais mis à part cela on ne pourra que remarquer la densité et la richesse de leurs compositions.
On y retrouve beaucoup d’influences comme Talking Heads, The Smiths, New Order et surtout on ne pourra s’empêcher de penser à Arcade Fire pour la musicalité, la spontanéité et l’originalité de la musique pleine d’inspiration (bien que un peu plus léger) mais surtout par rapport à l’accessibilité pour cet album qui n’est pas immédiate et qui laisse percevoir à chaque écoute des subtilités non perçues jusqu’alors. Et malgré ces influences identifiables on ne pourra en faire qu’un parallèle car Clap Your Hands Say Yeah ne tombe pas dans la facilité, ils tirent parfaitement leur épingle du jeu et confèrent à leur musique leur propre identité.
Pour résumer : un son rock/pop/noisy, débridé mais avec une énergie qui reste assez canalisée, des compositions complexes assez subtiles. Le tout est malheureusement très court, et pas toujours très égal mais pour un premier album, autoproduit de surcroît, c’est très prometteur.
A écouter en premier : The Skin Of My Yellow Country Teeth, Let the cool goddess rust away, Gimme Some Salt, Details of the war.