Il doit y avoir un effet Depeche Mode. Quelque chose qui fait que la période has been du groupe est définitivement révolue, et que maintenant Depeche Mode, c’est tendance. Confirmation avec Sounds of the Universe en 2009.
Le précédent album, Playing the Angel, avait déjà remis le groupe sur le devant de la scène. Un véritable style propre à DM, une utilisation particulière des guitares et des synthétiseurs, pour donner une ambiance sombre, parfois aggressive, parfois malsaine.
Sounds of the Universe ne tranche évidemment pas avec cette signature musicale. Mais il parvient à se détacher d’un éventuel reproche de « copie » pour nous offrir des titres plus posés (parfois un peu trop) mais toujours d’avant-garde. En fait à l’heure actuelle, il n’y a vraiment que Depeche Mode qui sache faire du Depeche Mode. Une qualité qui se fait rare.
Dans le détail cependant, Sounds of the Universe n’échappe à un défaut beaucoup trop répandu : une concentration des meilleurs titres au début du disque. Mais quels titres! Si vous pensiez que le single Wrong allait dominer l’album et nous laisser sur notre faim avec le reste, détrompez-vous. Dès le premier titre In Chains, le ton est donné sur la qualité générale. Un mélange d’électro-wave parfois coupé de façon surprenante avec de petits riffs de guitares. Juste après, Hole to Feed fait encore plus fort dans le progressif, et Dave Gahan nous gratifie d’un entêtant « we are here, we can love, we share something« .
A propos des voix, il semble que Martin Gore se soit calmé dans les « backing vocals » de son compère Gahan. Et c’est tant mieux. Si les « too looooong » de Gore sur Wrong passent finalement bien (après plusieurs écoutes, histoire de s’y faire) on n’aurait pas forcément aimé les retrouver sur toutes les pistes. D’ailleurs, lorsque Martin Gore prend les commandes vocales sur Jezebel, on constate immédiatement la différence de niveau par rapport à Dave Gahan. Avec Fragile Tension, les mélanges sonores du groupe sont réunis : synthés saturés, guitares électriques ponctuelles et progressives, voix lancinantes. Tout Depeche Mode version Sounds of the Universe.
Mais, comme annoncé plus haut, passé ce premier tiers (Jezebel n’en faisant d’ailleurs pas partie), l’album se fait moins surprenant et reprend les mêmes ficelles. Les pistes restent toujours aussi bonnes, cependant il leur manque un petit supplément d’âme et d’originalité. Bien sûr, il y a quelques exceptions, au premier rang desquelles on trouve Peace, morceau étonnant qui résonne comme une sorte d’hymne religieux électro (et toujours ultra progressif dans la voix).
Sounds on the Universe est aussi un album généreux. Les treize pistes sont riches et atteignent presque une heure d’écoute. Une heure de nouveau Depeche Mode en 2009. C’est peut-être en réduisant l’album à ce simple constat que l’on se rend compte de son côté exceptionnel, avec un groupe presque trentenaire qui n’a non seulement pas vieilli, mais qui en plus continue d’avancer dans son registre. J’adhère complètement à l’expression « électro-rock rétro-futuriste » employée pour qualifier Sounds of the Universe, un album brillant, maîtrisé, élégant. La classe, tout simplement.
4 / 5