Ed Bangerland @ Grande Halle de la Villette

Ça y est, Ed Banger a fêté ses 10 ans. Pour un label, cette longévité est remarquable et il s’agissait de se souvenir de ce jour pour encore bien longtemps. Et pour cela, Pedro Winter et ses compagnons de route nous ont emmenés à la fête foraine, pour que comme eux, nous ayons tous à nouveau 10 ans.

Bienvenue à Edbangerland (Instagram @matscab)

Au programme, Palais du Rire, Chambouletout, Carrousel ou encore Simulateur et Jeu de Pinces et même une piste de roller complètement disco! Tout pour repartir avec des souvenirs plein la tête et de belles preuves de l’éclate grâce au passeport remis aux 7000 participants par Green Room Session. Et si l’on ajoute à cela des mixes de la plupart des stars de l’écurie, on se rapproche carrément de la soirée parfaite.

Avant qu’il n’y ait 1h de queue devant le Palais du Rire (Instagram @matscab)

Après avoir bien profité des attractions, les poulains du label ont rappelé à tout le monde que les choses sérieuses se passent sur scène et cela depuis une décade, celle des 00’s, celle d’Ed Banger et de ses amis, celle du renouveau de la French Touch. Et pour ouvrir les hostilités : Krazy Baldhead. Le marseillais est une une toutes premières signatures du label. Et son set accompagne l’entrée de la foule au sein de Edbangerland, en chauffeur de salle super luxe. Les puristes sont devant la scène pendant que les autres s’agglutinent déjà devant les attractions armés du leur passeport de la République de Edbangerland, ou bien sirotent une bière (dont une bouteille collector à l’effigie des 10 ans du label a été dessinée par So Me) au son de la techno du chauve fou. On pouvait d’ailleurs se déshydrater à un stand Le Mansart, du nom d’un bar de Pigalle ou l’équipe a ses habitudes. Mais ce n’est pas pour autant que le tarif des consommations est raisonnable. Comme trop souvent aujourd’hui, il fallait débourser au minimum 7.5€ pour s’offrir une pause désaltérante.

Attention : objet collector (Instagram @matscab)

Boston Bun est lui de la nouvelle génération Ed Banger. Il vient raffraîchir le public avec un set plus extravagant. Les influences de Chicago et Détroit transpirent et nous rappellent que, comme le rappelle souvent Pedro Winter, la French Touch est surtout un art de mélanger les influences et que la France est, et Ed Banger avec, exactement entre les Chicago, Londres et Berlin. Puis Feadz prend les platines pour distiller quelques passe-passe et scratchs dont il a le secret.

Breakbot et son look biblique (Instagram @mariouka)

L’histoire continue avec Breakbot, plus funky que jamais au cours d’un live tout en douceur au cours duquel Irfane (qui, en plus d’être « la voix » de Breakbot, est le leader du groupe Outlines) est venu sur scène prêter sa voix sur  Baby I’m Yours et One Out of Two notamment. Juste de quoi révéler les John Travolta et les Olivia Newton-John présents face à une bouche daliesque. Il termine sa prestation par A Thing for Me de Metronomy dont le chanteur Joseph Mount est présent sous la verrière de la Grande Halle de la Villette, tout comme Sébastien Tellier.

Et comme après la sensualité de Breakbot, il fallait bien recentrer le débat, c’est un invité qui s’est emparé des platines : un certain DJ James qui était déjà il y a fort longtemps aux manettes derrière les albums de NTM. La raison de sa présence? Chacun des DJs du soir ont inclus dans leur set-list un morceau de DJ Mehdi, véritable pilier de l’édifice Ed Banger décédé il y a un an et demi. Mais avant d’être connu par les fans de musique électronique, ce touche à tout avait déjà changé la face du rap français en signant la plupart des productions de groupes influents tels que Idéal J (avec un certain Kéry James) et le 113 dont le tube Les Princes de la Ville a rappelé au bon souvenir des citoyens d’Edbangerland que le Hip Hop aussi a son importance dans la musique actuelle et dans les codes qu’Ed Banger a contribué à établir ces dernières années dans la musique notamment grâce aux nombreux talents de Mehdi Favéris-Essadi.
C’est après ce moment d’émotion que le grand patron entre en scène. Busy P a un décor à son effigie. Sa silhouette dessinée par So Me décorée de visuels spécialement conçus pour la tournée mondiale qui commence ce soir là. Durant plus d’une heure, il oscille entre rappels de moments forts de la vie du label et remixes peu connus ou spécialement déballés pour l’occasion. Chacun a des souvenirs qui refont surface. Busy P, lui, est fébrile. Il sait qu’il a également préparé quelque chose pour Mehdi, son alter-ego, « la deuxième jambe du label » comme il le décrit lui-même. Il prend le micro pour demander de l’aide aux parisiens alors qu’il lance Signatune, véritable chef d’œuvre de feu Mehdi, cinq minutes avant de souffler les bougies avec toute la clique… -1 donc.

 

Busy P fait le show (Instagram @matscab)

Puis le silence. Quelques notes douces qui s’échappent comme d’une boîte à musique et la Birthday Song de 2Chainz et Kanye West qui accompagne l’arrivée de tous… et de l’immense gâteau aux couleurs de la soirée que Brodinski a l’air de savourer comme il se doit!

ça c’est du gâteau (Instagram @breakbiche)

Après s’être bien rempli la panse, c’est Justice qui entre en scène. Le célèbre duo est accompagné d’un jeu de lumière toujours sobre, à leur image, composé exclusivement de spots et de stroboscopes blancs, comme pour communier avec tout le monde sous leurs basses d’eau bénite. Tout le monde. Oui tout le monde ou presque puisqu’en une heure de set, Justice sait passer du Portishead ou du Boney M, et de Michael Sembello (She’s a Maniac) à leur tube Audio, Video, Disco en un claquement de doigt sans que cela ne perturbe personne. Certainement le point d’orgue d’une soirée riche en émotion.

Justice lève les spots au ciel (Instagram @matscab)

En même temps que les jambes commencent à être lourdes, SebastiAn, Kavinsky et Jackson entrent en piste. Et en voulant faire une virée sur une attraction je réalise que tous les stands ont mis la clé sous la porte à 4h du matin. Un peu déçus, les gens écoutent encore la musique distillée par les héros du soir. Mais il est tard, et le goût s’est un peu émoussé. Restons sur de bons souvenirs en quittant Edbangerland. Cette nuit-là, 7000 personnes auront fait de beaux rêves en rentrant à Paris. Le 3 mai, ce sera Londres. Puis une dizaine d’autres villes tout au long de l’année. Avant de fêter le 11?

 

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