Préparez-vous…
A l’occasion de la sortie du nouvel album de Franz Ferdinand, voici un rapide retour sur la discographie du groupe, avec tout d’abord leur premier album sobrement intitulé Franz Ferdinand, sorti en 2004. La chronique titre par titre est d’époque.
Jacqueline : un début tranquille (voix+guitare sèche) pendant 43 secondes, et voilà les Franz Ferdinand lâchés pour ce premier titre à l’anglais parfaitement compréhensible (merci l’accent écossais). Tout y est pour ces morceaux de rock : guitares – basse – batterie – chant. Le titre alterne merveilleusement bien des passages solos avec le morceau traditionnel, un vraie réussite.
Tell Her Tonight : les voix sont un peu plus haut perchées et des choeurs reprennent le refrain. Ce qui est remarquable avec Franz Ferdinand c’est la construction des morceaux : ça n’est jamais ennuyeux. Les rythmes sont coupés, repris, les mélodies changent, nickel.
Take Me Out : quoi de mieux pour illustrer mon propos ci-dessus que le tubesque grandissime Take Me Out, qui commence comme un simple morceau qu’on dirait tiré des Strokes, puis qui casse complètement son rythme au bout de 55 secondes pour changer radicalement de mélodie et de tempo. Génial. Ce titre particulièrement entraînant est pourtant simple à souhait, avec un riff de guitare qui vous colle à la tête pendant de longues heures.
The Dark Of The Matinée : encore une fois le riff de guitare est efficace, la voix désinvolte porte ce morceau au plus haut de sa qualité. C’est incroyable de constater que le groupe réussit à faire, avec pourtant des ingrédients simplissimes et traditionnels, de véritables hits aussi différents. The Dark Of The Matinée ralentit à 2’42, pour reprendre à 3’07 son rythme de croisière; c’est tellement bête à faire mais personne n’y pense! et voilà encore un super morceau.
Auf Achse : si des germanophones traduisent… voici le morceau le + long de l’album (4’19, oui, c’est court en fait). Là, on pourrait que c’est une construction classique, et pourtant : intro douce, couplet normal, refrain (rythme + soutenu), couplet de rupture, couplet normal, refrain, autre couplet de rupture, couplet normal, conclusion instrumentale. Voilà qui démontre que derrière ce titre d’apparence simple se cache une vraie richesse.
Cheating On You : cette fois-ci le morceau le plus court (2’36). Bizarrement pas le plus réussi, et pourtant on le garde en tête comme les autres, preuve de son efficacité. A part une rupture vers la fin du titre et un rythme qui s’accélère, pas d’autres choses à dire. Rien qui ne gâche en tout cas.
This Fire : l’un de mes préférés (s’il fallait en choisir). Ce titre possède un refrain particulièrement mémorisable (répétitif) mais avec une dose d’originalité qui fait qu’on le garde en tête facilement. Encore un titre rock réussi puisqu’il se termine en apothéose de guitares.
Darts Of Pleasure : alternance de rythmes et de sonorités dans la voix, avec une géniale rupture à 2’08 qui fait que le morceau ne se termine pas comme il avait commencé. Résultat : alors que l’ennui aurait pu commencé à gagner, le groupe change radicalement de ton et parvient à maintenir l’écoute jusqu’au bout. Bravo.
Michael : on ne sait pas de quel Michael il s’agit, mais il inspire le groupe pour ce morceau au refrain à nouveau envolé par rapport aux couplets. Et encore une fois, une efficace rupture instrumentale à 2’31 pour faire digérer le titre.
Come On Home : chanson atypique qui se détache un peu des autres par son côté un peu plus calme et classique que l’on perçoit surtout au refrain (plus doux que les couplets, une première sur l’album). Et aussi une mélodie simpliste portée par des paroles légères. Oserais-je vous refaire le coup de la rupture instrumentale vers la fin du morceau? Et bien oui! Pour ensuite enchaîner sur un final tout doux avec la voix. C’est mignon.
40′ (40 feet) : gros coup de coeur pour le morceau final de l’album (c’est tellement rare). Extrêmement riche lui aussi, alternant magnifiquement passages doux et accélérés, riffs efficaces, voix mélodieuse, sonorités nostalgiques, rutpures, reprises, rythmes effrénés… Absolument TOUT est dans ce titre! Il résume à lui tout seul l’album. Un final grandiose bien qu’un peu rude : difficile de sortir comme ça de ces 39 merveilleuses minutes.
Que dire pour conclure… je me suis encore surpris à cette énième écoute à constater à quel point j’adore cet album, et pour encore longtemps je pense. Et d’après ce que j’ai pu obtenir comme futurs morceaux et faces-B, la qualité sera encore présente. Je dis bravo, et surtout merci à Franz Ferdinand de montrer à quel point la musique est importante dans la vie des gens, surtout quand on voit ce qu’on peut faire avec des outils aussi répandus que les instruments traditionnels du rock.
Encore faut-il savoir les manier et construire de bons morceaux… et à ce jeu-là, le groupe cartonne.
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