Après avoir écrit une critique dithyrambique le mois dernier sur son premier album, nous avons eu la chance de rencontrer James, mieux connu sous le nom de Ghost Culture, quelques minutes avant son live de la route du rock. Ce fût l’occasion de lui poser toutes les questions qui nous trottaient dans la tête, et d’en apprendre plus sur la création du projet électro qui nous a le plus excité en ce début d’année.
Pourrais-tu te présenter rapidement pour nos lecteurs qui ne te connaîtraient pas encore?
Je m’appelle James, et mon nom de scène est Ghost Culture. Je fais de la musique électronique qu’on pourrait qualifier de plutôt sombre et douce sur laquelle je chante. Ma musique pourrait passer en club, même si ce n’est pas vraiment intentionnel, ça découle juste de mes goûts.
Ton album est sorti sur le label Phantasy, peux tu nous parler un peu de la façon dont les choses se sont déroulées?
J’ai rencontré Daniel Avery à Pure Groove, un disquaire à Londres. Je traînais pas mal là bas parce que je faisais le son pour les groupes qui jouaient dans le magasin, et il travaillait là-bas à l’époque. Et il y avait ce gars, qui est mon manager maintenant, qui m’a dit : « Hey, tu devrais bosser avec Daniel Avery », alors je l’ai rencontré et on a fait son album ensemble. Bon, pas mal de choses qu’on faisait au début étaient vraiment pas terribles d’ailleurs! Parallèlement, je faisais mes trucs de mon côté ,et puis Daniel a fait écouter mes démos à Erol Alkan (NDLR :le patron du label) sans m’en avertir. Elles étaient juste écoutables en privé sur internet, et puis un jour j’ai reçu un e-mail de Erol Alkan! Ça m’a fait tout drôle, parce que j’étais allé le voir jouer plein de fois quand j’avais genre 18 ans. Donc voilà, c’était un peu un coup du hasard, une suite d’événements, je pense que j’étais au bon endroit au bon moment.
Sur cet album, on peut entendre un peu d’influence d’autres artistes signés sur le label, comme Daniel Avery ou Connan Mockasin, tout en rendant quelque chose de très personnel, qu’on pourrait définir de presque ténébreux. Est ce que ces ressemblances sont venues du processus de travail avec Phantasy ou est-ce que tu es arrivé là parce que ta musique colle parfaitement avec le label?
Oh non, je pense évidemment que bosser avec Dan avec Richard Fearless de Death in Vegas m’a influencé dans les instruments que j’ai pu utiliser et dans le genre de musique que j’écoutait, mais à ce moment là je ne pensais pas : « J’ai besoin de faire un album qui corresponde à Phantasy », je faisait juste mes propres trucs, ce qui me plaisait. C’est ce que j’aime faire, plus qu’autre chose. J’aime produire de la musique, avoir mon ordi avec moi partout où je vais, comme ce soir, et ce sera toujours comme ça, je pense.
As-tu rencontré tous les artistes du label? Est-ce qu’on peut parler d’une sorte de famille lorsque l’on parle d’Erol Alkan et de ses artistes?
Oui, on se connaît tous, on s’apprécie et on s’aide les uns les autres de différentes manières : j’ai joué en tant que DJ quelques fois avec Erol, il m’emmenait souvent avec lui pour ouvrir ses concerts. Je l’ai aussi aidé quelques fois en studio quand il travaillait sur ses morceaux. C’est comme un collectif. J’ai travaillé avec Erol sur l’album, il m’a aidé à mixer à le mien, à le faire bien sonner.
Peux tu nous parler un peu plus de la façon dont tu as construit cet album? C’est un travail que tu as fait tout seul ou est-ce que d’autres personnes ont été impliquées dans sa création ?
Je commence généralement avec une idée, j’ai souvent quelque chose en tête, comme une ligne de basse ou juste un mot, à vrai dire, ça peut être n’importe quoi. J’enregistre ça et je travaille autour de cette idée, ça peut être fait dans n’importe quel sens jusqu’à ce que j’arrive à un morceau fini.
Tu chantes sur tous les titres de l’album, ce qui ajoute de la légèreté à l’ambiance générale, est-ce que c’était un choix tardif ou est-ce que tu as toujours imaginé Ghost Culture comme un projet chanté?
C’est arrivé pendant, je dirais. Au tout début, je savais que je voulais faire des chansons, j’avais comme idée qu’une partie de l’album puisse être instrumentale, mais il s’est avéré que ce que j’ai fait de mieux était avec des voix. Je ne voulais pas que ce soit un album pour danser dans un club, juste que ce soit ma musique.
Quelle serait ton heure idéale pour te produire sur scène? Assez tôt pour capter l’attention du public, ou en clôture de soirée, pour faire danser tout le monde?
Ah, celle-ci est compliquée… Je m’en fiche un peu je crois, que ce soit l’un ou l’autre, parce que si les gens veulent danser sans me prêter attention, c’est cool, je me m’attends à rien. Je pense que c’est ça justement qui est bien dans le fait de faire un live. Certaines personnes dansent juste et ne me regardent pas, et si ils profitent de leur moment, c’est cool. Après, j’ai conçu le concert pour qu’on puisse le regarder, je fais pas mal de trucs, notamment avec des lampes.
En parlant de ton installation, tu peux nous en parler un peu plus?
Oui, toute mon installation est synchronisée, chaque lampe représente quelque chose que je joue, elles interagissent. Bon ce n’est pas juste des flashs hein, c’est assez doux et intime, pour qu’on puisse même se croire dans un salon, ou quelque chose comme ça.
Tu as choisi de sortir assez peu de morceaux avant de lancer l’album, est-ce que tu voulais que le public découvre ta musique directement avec un long format?
On a sorti 3 singles, mais il n’y a pas spécialement eu de grosses promos ou quoi que ce soit autour. Je pense que c’est important d’avoir un corps de travail, comme un album. On a juste construit un petit peu avec les 3 chansons, parce que j’étais complètement inconnu, et que les gens ont besoin de s’habituer aux artistes ou aux morceaux, mais je pense que c’est bien d’arriver vite avec un album, parce quand les gens découvrent quelque chose d’entier, ils comprennent mieux ce que le projet signifie.
Ta musique a quelque chose de très intime, comment réussis-tu à transposer ces émotions dans un live?
J’essaie de penser au maximum aux mots, à ce que veulent dire ceux que je chante. Je ne veux pas tomber dans l’hyper émotionnel mais ça doit toujours faire partie de la prestation, autrement le risque, c’est que ça devienne ennuyeux pour les gens qui me regardent. Je veux pas dire par là que je « joue », mais je dois penser aux mots, et je suis heureux de le faire parce que j’ai passé beaucoup de temps à les écrire, et que je les aime tous. C’est sans doute différent pour tout le monde, mais c’est important pour moi de pouvoir relire mes paroles, les chanter, et d’en être satisfait.

Prochaine dates françaises :
9 mai – Midi Festival, Toulon
30 mai – We love green, Paris