Si la théorie de la vallée dérangeante — ou uncanny valley — est absolument passionnante (Wikipedia est votre ami), le troisième album des Midnight Juggernauts l’est tout autant. Construit sur cette perception qu’ont les humains envers les machines et notamment les robots, le disque est dans la narration d’une histoire où chaque piste constitue un chapitre. Mais c’est surtout au niveau musical que l’on appréciera à nouveau le groupe : les Australiens ont en effet ce sens du refrain imparable qui rend leur musique électro évidente comme des morceaux pop, avec les mêmes ruptures et envolées. Ils parviennent également à imprimer et imprégner Uncanny Valley d’une ambiance particulière, tantôt légère, tantôt plus inquiétante (Another Land).
Le charme agit dès les refrains de Ballad of the War Machine et Memorium. Les voix coulent de manière limpides, les rythmes sont entraînants et les sonorités sont loin d’être surchargées. Le titre Systematic en est un parfait exemple, au potentiel « hit de l’été » évident.
Uncanny Valley se termine sur un Melodiya où les sensations humaines reprennent le dessus (sur la machine). Et si dans son ensemble l’album paraît enchaîner des titres qui se font écho, c’est pour mieux apprécier les chansons citées dans cette chronique, qui se détachent réellement, et contribuent à créer une vraie identité à ce très bon album électro.
3.5 / 5