A l’écoute de Riot City Blues , album honorable s’il en est, on en viendrait presque à vouloir qu’il s’agisse du premier opus d’un jeune groupe britannique formé depuis deux ans grand maximum.
Et bien non. Le groupe (d’origine écossaise) existe depuis 1985, plus précisément en la personne de Bobby Gillespie, seul élément constant de la formation. Mais, point positif, si le nom de Primal Scream n’est pas inconnu à bon nombre d’oreilles, au moins celui du précédent album a bien du mal à revenir en tête. Evil Heat date de 2002 et il n’avait pas fait grand bruit. Voici pourquoi Riot City Blues , en pleine période de “revival rock”, jouit du nom de Primal Scream sur sa pochette sans pour autant subir les échos plus ou moins négatifs des albums précédents. A dire vrai, le mieux qui puisse arriver au groupe, c’est d’être redécouvert cette année en faisant abstraction de son passé. Car Riot City Blues peut surprendre à la première écoute quand on a connu le côté psychédélique de la formation. Ici, tout est carré, sans ambiguïté, et pour une fois l’absence de surprise fait vraiment du bien. La continuité des morceaux ajoute une dose de confort d’écoute très appréciable, en-dehors de toute considération sur leur qualité. Car celle-ci n’est pas toujours au rendez-vous. We’re Gonna Boogie par exemple, ne tient pas toutes ses promesses, exactement le contraire de Dolls (Sweet Rock And Roll) qui n’en finit pas d’être excellente. Mais pour être honnête, rien ne vaut l’ouverture de l’album par Country Girl, Nitty Gritty et Suicide Sally And Johnny Guitar qui justifient à elles seules l’achat du disque. Ensuite, When The Bomb Drops revient dans un genre plus exploité par Radio 4 actuellement (ou par Primal Scream précédemment, c’est selon).
Pour le reste des pistes, on notera la gentillesse un peu longuette de Little Death ou l’absence d’originalité de The 99th Floor et Hell’s Comin’ Down. Néanmoins, Riot City Blues s’offre une jolie chanson finale avec Sometimes I Feel So Lonely.
Des titres pas tous réussis mais un album cohérent, impeccable et bénéficiant d’un nom reconnu, les ingrédients nécessaires pour exposer ce disque de Primal Scream dans votre discothèque.
3 / 5