Peut-être plus accessible, sans doute aussi un peu perdu, le nouveau Ratatat délivre son habituel lot de titres instrumentaux toujours autant recherchés et toujours aussi parlants, dans leur sens. Il ne leur manque que la parole, que l’on croit parfois voir arriver, en vain. c’est vrai par exemple que Drift n’a pas besoin de mots pour exprimer la dérive, la musique s’en charge parfaitement.
Après, c’est une question de ressenti. Plutôt bon avec Cream on Chrome, Magnifique ou Abrasive, la suite se heurte à plus de contrecoups. Pricks of Brightness reste en surface et sans grand intérêt, l’inverse d’un Nightclub Amnesia qui sait se renouveler, fort de ses six minutes. Le dernier tiers alterne ainsi des morceaux qui exposent une émotion unique sans trop la travailler (Supreme, I Will Return) avec d’autres — moins nombreux — qui montrent une réelle évolution (Rome).
Au final, sans être un mauvais album, Magnifique semble surtout jouer la consensualité (oui, en un seul mot). Son manque d’audace pourra lui être reproché.
3 / 5