Rencontre avec Mumford And Sons

C’est par une belle journée d’été d’hiver toulousain au soleil que nous avons croisé (la moitié de) MUMFORD AND SONS. Les anglais dans le vent remettaient le pied en terre francophone pour une date toulousaine (chroniquée ICI) avant d’envahir Paris ce 26 Mars… Bosseurs, très concentrés sur leur tournée européenne, ils ont pris quelques minutes pour discuter avec nous. Rencontre directe et décontractée à quelques heures du concert avec Ted Dwane et Winston Marshall, le francophone du groupe.

mumford_band

ONLIKE : Tournées, albums, récompenses… vous n’arrêtez plus ! Comment se passe cette nouvelle étape européenne ?

Winston : Très bien ! C’est sympa de revenir en Europe, les trajets sont plus rapides. Nous avons eu deux jours de repos depuis notre dernier concert à Rome, et chacun a pris le temps d’arriver jusqu’ici. Nous faisons 22 ou 24 dates en Europe… pardon, 23 (en français dans le texte, ndlr) ! Nous avons quasiment passés les deux dernières années aux Etats-Unis, c’est un pays tellement grand.

OLK : Tout a commencé là bas pour vous ?

Winston : En réalité nous avons faits nos débuts en Angleterre, mais aussi en Allemagne où nous avons toujours été très bien accueilli.

Ted : L’Australie a été la première véritable destination, loin de chez nous. Nous y avons beaucoup tournés, car très naturellement l’accueil y était extraordinaire. Et puis ça a touché très vite les autres pays.

OLK : Cette tournée européenne est la dernière étape de votre période Babel ?

Winston : Nous sommes au milieu de notre tour de l’Europe, et ensuite nous avons encore deux tournées aux Etats-Unis, et puis évidemment beaucoup de festivals cet été.

OLK : Etes vous content de revenir en France? Il s’est écoulé presque 3 années depuis votre dernier concert.

Winston : Je crois que notre dernier concert était au Trabendo, c’était… en 2010 ? Nous avons aussi joués à Toulon, mais c’était encore avant. Trop longtemps alors !

Ted : Nous sommes très chanceux car ces dernières années nous avons été la plupart du temps aux Etats-Unis ou en Australie, même en Angleterre, tellement de lieux que nous n’avons pas pu être partout comme nous l’aurions voulu.

OLK : Vous avez faits beaucoup produit  en peu de temps, entre les albums, les tournées, les vidéos… comment arrivez vous à tout cumuler en donnant l’impression de maîtriser autant chaque création ?

Winston : On est perfectionnistes (aussi en français dans le texte, ndlr). Mais avec le recul, sur certaines choses de deux à trois ans en arrière, on est pas forcément très contents…

Ted : … comme pour les vidéos, même si c’est très fun à faire. Nous sommes toujours très joueurs avec les possibilités de créer, y compris dans la façon de réfléchir à nos tournées. Nous avons commencés en Angleterre par une petite tournée à bord d’un bateau (le River Rat Pack Tour en 2008, ndlr) avec d’autres groupes, et c’était vraiment plaisant. C’est aussi ça qui nous a donné l’envie d’aller jouer dans les Highlands, en Ecosse, ce qui était très excitant, avec des paysages magnifiques et des petites salles. On a toujours aimé faire les choses quand on en avait l’occasion, que ce soit normalement ou avec un peu plus d’originalité.

Winston : On adore ça, même si ça nous éloigne de chez nous.

OLK : De quand date votre dernier séjour à Londres ?

Ted : Nous y étions il y a encore deux semaines. Nous avons ensuite commencé la tournée à Bruxelles, mais j’étais à Londres depuis une semaine avant. Winston était à New York. Marcus et moi sommes toujours à Londres, alors que Ben et Winston sont plutôt basés à New York maintenant.

Winston : Mais ça ne fait rien où on habite, puisque lorsque nous sommes en tournée, nous sommes tous ensemble. Nous aimons faire de longues tournées, minimum 4 ou 5 semaines et ensuite faire un break. Après notre tournée actuelle, nous nous arrêtons pour un mois. Ca nous permet de garder le rythme, d’être au maximum sur la tournée et de nous reposer ensuite.

OLK : On voit clairement que vous mettez beaucoup d’énergie, de passion dans vos concerts. Comment ressentez vous le public selon les villes, les pays ?

Winston : A certains moments, c’est la folie. Nous sommes très chanceux. Et c’est différent dans chaque pays. Nous avons fait notre premier vrai concert en Pologne,  après une première fois en festival, et tout le monde connaissait les chansons par coeur, c’était impressionnant. En Italie, les gens bougeaient beaucoup aussi. En Suisse, c’est un peu plus calme !

OLK : Et en France ?

Winston : C’est toujours la terre d’adoption des Anglais !

Ted : C’est étrange, la France a toujours été une expérience particulière pour nous. C’est pas toujours évident, comme ailleurs. Mais nous revenons à chaque avec grand plaisir, et on se rappelle très bien de nos passages à Lyon…

Winston : … Lille, Toulon, Paris…

OLK : Et en Angleterre ?

Winston : En décembre.

Ted : Nous avons faits une tournée il n’y a pas si longtemps en Angleterre. C’était très drôle, parce qu’on a commencé par faire dix jours dans des petites villes, dans de petites salles, des théâtres. Et après quelques jours de repos, nous avons chargés les camions et on est partis à l’assaut des grandes arènes pour deux semaines. C’était vraiment sympa, aussi bien pour nous que pour les fans d’avoir les deux ambiances.

Winston : En France, c’est la première fois. On privilégie les salles pas trop grandes. On veut vraiment développer notre relation au public. Comme nous n’avons jamais joués ici auparavant, nous ne pouvons pas jouer dans les grandes salles tout de suite. Mais on adore jouer dans des petites salles, et on fait toujours un effort lorsqu’on nous arrivons dans un lieu où nous n’avons jamais joués. Un peu comme si on reprenait du début, de tout en bas.

Ted : Nous essayons de conserver la même équipe à chaque fois, depuis nos débuts. Et si quelqu’un a une idée sur la tournée, il nous l’explique et on en discute. C’est vraiment une collaboration à chaque niveau, et les techniciens qui nous suivent en savent bien plus sur les lumières et le reste que nous. Alors on les laisse prendre des initiatives, et on partage nos idées. Le show grandit comme ça. On a eu l’habitude de voyager beaucoup plus léger.

Winston : Je me rappelle que la première fois, nous n’étions que tous les quatre avec notre manager. Et ça nous semblait déjà extraordinaire !

mumford_tour

OLK : Et cette forme de collaboration, vous l’appliquez à chaque processus de création ?

Winston : Absolument, ça nous semble obligatoire. Surtout qu’à la base, nous sommes déjà quatre, et c’est en soi une première collaboration. Pour chaque chose.

OLK : Vous travaillez justement sur de nouvelles choses, actuellement ?

Winston : Toujours.

Ted : C’est aussi la chance d’être en tournée. C’est un avantage ou pas, nous sommes toujours ensemble, avec nos instruments, alors inévitablement nous écrivons tout le temps, partout. C’est aussi bizarre, car nous n’avons qu’un seul instrument souvent à portée de main, hors nous voudrions écrire avec plus à disposition. Nous avons chacun notre instrument de prédilection, mais sans s’interdire d’en changer. Nous voulons même aller au-delà, car nous avons explorés nos bases, ceux que nous utilisons actuellement. Un peu de changement ferait du bien…

OLK : Des évolutions à venir, alors ?

Ted : J’espère !

Winston : Le prochain album sera différent.

Ted : Nous avons l’impression que tout ce que nous avons écrits jusqu’à présent n’était pas forcément très électrique, ni très original. Nous nous dirigeons vers quelque chose de plus mature.

Winston : Mais nous restons le même groupe, les mêmes personnes, donc ça ne sera pas non plus du Jay-Z.

OLK : Après avoir travaillés avec d’autres artistes, participés à plusieurs bandes originales etc… vous continuez aussi à collaborer avec d’autres personnes ?

Winston : Nous avons faits pas mal de choses comme ça, c’est vrai. Et nous voulons continuer. Aussi bien des participations comme celles-ci, que d’autres projets. Ted a son studio d’enregistrement à Londres, Ben a son label, c’est bien bon pour la tête de sortir un peu du contexte général. Et ça permet aussi de prendre un peu de hauteur sur les projets du groupe.

OLK : Pas de repos alors ?

Ted : C’est drôle, car je crois que tous les quatre nous sommes infatigables. Nous adorons avoir toujours des tas de choses à faire. Alors on ne se repose pas beaucoup.

Winston : Quelqu’un a dit « a change is as good as a rest« . Les deux sont biens. Sauf si tu es malade, évidemment !

Ted : En tournée c’est tellement intense, on ne se pose jamais réellement. Et inversement quand on rentre à la maison, ça semble du coup incroyablement ennuyeux. Alors on se repose rapidement, pour mieux repartir.

Interview réalisée le 19 Mars 2013 à Toulouse. Et après ces quelques paroles, les MUMFORD AND SONS sont repartis se préparer pour leur concert, entre ping-pong et partie de football (et les balances, ok)…

À lire aussi ⬇️

Devenez contributeurs/rices. 👊

Rejoignez un magazine libre et respecté. Depuis 2004, Onlike recense pas moins de 46 contributeurs indépendants dans ses colonnes,

en savoir plus
NEXT ⬇️ show must go on