Divers éléments sont susceptibles d’accrocher le consommateur. Visuellement, c’est la pochette de l’album aux graphismes simplistes (pensez donc, trois couleurs seulement). Et puis il y a ce nom : Shout Out Louds, une sonorité redondante qui marque les esprits. C’est déjà une manche de gagnée que de susciter la curiosité dans la multitude d’albums qui remplissent les bacs et disparaissent aussi vite qu’ils sont venus. Ensuite évidemment, il faut concrétiser, transformer l’essai, prouver qu’on n’a pas seulement été inventif dans le nom et la pochette juste pour faire joli. Et bien justement, accrochez-vous : voici un grand disque.
C’est donc The Comeback qui introduit le disque des Suédois de Shout Out Louds, et efficacement. On se familiarise avec la voix, ce qui n’est pas si évident. Bon, par la suite, les titres se suivent et se ressemblent (les deux premières pistes étant les deux premiers singles de l’album, faut-il le préciser). Very Loud et Oh, Sweetheart trouveront sans problème leur public, mais le meilleur reste encore à venir. Il faut donc attendre le très bon A Track and a Train pour trouver du renouvellement. Go Sadness poursuit le mouvement et livre un morceau plus intimiste et assez touchante bien que peu variée. Comme souvent après de telles chansons, l’enchaînement est délicat. Please Please Please réussit sa mission et redonne un coup de fouet à l’album. Puis, 100° parachève la métamorphose en signant l’intro (et le refrain) le plus entêtant du disque ; un coup de génie totalement inattendu.
Du génie, restons dedans avec les morceaux suivants : There’s Nothing est un terrible écho aux grands classiques pop-rock de l’histoire de la musique ; on pourrait y trouver du Doves, du Radiohead, du Supergrass, du Eels, du Cure et tellement d’autres dans ce seul morceau que l’on n’aurait pas assez de temps pour être exhaustif. L’énergique Hurry Up Let’s Go permet justement de reprendre ses esprits si tant est que l’on ne soit pas étourdi par le rythme varié qu’il impose. Il faut pourtant être d’aplomb pour encaisser Shut Your Eyes, autre morceau superbement « multi-références ». Et pour finir, Seagull et ses huit minutes trente (certes, il y a un peu de « blanc » au milieu mais c’est le même morceau) clôt un album qui décidemment ne laisse pas indifférent.
Impressionnant, c’est sans doute le terme qui convient le plus à la fin de l’écoute. Comment trouver un défaut à cet excellent album alors que même le nom du groupe et sa pochette sont réussis ? Il n’y a pas à tergiverser, Howl Howl Gaff Gaff est un chef-d’oeuvre, et en plus il donne une claque à l’Angleterre en faisant mieux que la plupart de ses groupes actuels sur son terrain musical de prédilection.
P.-S. Première apparition de l’album en mai 2005, puis sortie officielle en septembre de la même année, il aura fallu attendre janvier 2006 pour voir arriver Howl Howl Gaff Gaff en France. Une honte.
5 / 5