The Shins sont l’une des plus grandes sensations pop de ces dernières années, ne leur enlevons pas cela. Avec deux précédents albums excellents mais quelque peu ressemblants, plusieurs choix s’offraient au groupe : continuer une nouvelle fois sur leur lancée (pari risqué), ou amener quelque chose de totalement différent (pari risqué). The Shins ont choisi un mélange des deux, ce qui s’avère au final être un pari très risqué. Mais pour ne pas laisser planer le suspense trop longtemps, annonçons tout de suite que Wincing The Night Away est un véritable tour de force, une démonstration que nous fait de nouveau le groupe. On se retrouve ainsi avec des titres d’une pop prodigieuse comme Sleeping Lessons, Australia tels que l’on connaît le groupe capable d’en produire à la chaîne, et d’un autre côté des “nouveautés” comme Sea Legs qui ose une rythmique proche du hip-hop et aboutit à une surprenante réussite. Le groupe se permet ainsi des arrangements osés par rapport à leur musique, des accélérations, des cassures, des retournements et autres péripéties sonores qui combleront à coup les amateurs de richesse musicale. L’album est une succession de morceaux pop agréablement variés pour éviter toute répétition bien qu’en restant dans un genre musical parfaitement identifié. Une sorte de tour de magie dont on finit par ne plus vouloir chercher le truc mais plutôt complètement plonger dedans et se laisser emmener par ces quelques quarante minutes de plénitude sonore.
Comme il faut bien trouver à redire quelque part à cet album (en grattant bien), on regrettera que James Mercer ne change pas suffisamment sa voix au fil des morceaux, pour ajouter aux évolutions de ces derniers. Et puis pourra trouver LA chanson qui manque un peu de charisme face à ses copines : Girl Sailor. Mais elle sera bien vite effacée par le dernier titre, A Comet Appears, morceau de clôture d’album aussi brillant que… qu’une comète, tiens.
Pari risqué donc, (pari outragé, pari brisé, pari martyrisé, mais pari libéré) et surtout pari remporté haut la main par The Shins qui se permettent de propulser leur troisième album au même rang que les deux premiers (si ce n’est encore meilleur), l’originalité en plus, pour en faire immédiatement l’un des disques pop de l’année 2007. A acheter les yeux fermés, ne les rouvrir qu’à la fin de l’album.
4.5 / 5