On a beaucoup dit et beaucoup écrit sur The Smashing Pumpkins. Finalement chacun a pu se forger son sentiment sur la carrière — plutôt chaotique — de ce groupe emblématique. Je vous replace rapidement le contexte subjectif : personnellement mon âge d’or se situe à l’époque de Melon Collie and the Infinite Sadness et Adore.
Que l’on s’y intéresse en détail ou non, la sortie d’un album de Smashing Pumpkins est toujours un événement, encore aujourd’hui. Oceania (titre plutôt sobre) n’échappe pas à la règle, tout comme son contenu reste dans l’habitude généreuse du groupe : une heure de musique répartie sur 13 pistes.
La grandiloquence propre à Billy Corgan commence dès Quasar (dont le tout début fera même penser aux Red Hot Chili Peppers pour certains) : les guitares électriques sorties toutes cordes tendues et des moulinets à n’en plus finir. Quasar nous fait croire à un album qui ne se reposera pas, ce qui est faux, mais pas négatif du tout. Au contraire, après le très bon Panopticon (dans la droite lignée de son prédécesseur) on arrive directement sur l’un titres-phares de cet Oceania : The Celestials. Une apparence plus posée mais surtout un concentré de ce que le groupe réussit à faire de mieux, un mélange de pop-rock alternatif, et c’est loin d’être péjoratif. L’autre incursion notable dans ce domaine est Pinwheels, un cran en-dessous tout de même.
En revanche, ce qui nuit un peu à l’album, c’est l’usage qui est fait de l’électronique. Si le dosage est bien équilibré sur Violet Rays, il est par contre franchement saoulant sur One Diamond, One Heart.
Et puis, on attendait vraiment de voir ce qu’allait donner l’éponyme Oceania, morceau odysséen de neuf minutes, qui malheureusement ne parvient pas à transformer tous les éléments qui ont été placés en lui. Dommage. Et tandis que l’on entame la dernière partie de l’album, on est charmé tant par Pale Horse dont la simplicité contraste vraiment avec Oceania le précédant, que par ce morceau final, Wildflower, brillante conclusion d’un album aux multiples facettes qui cache ses plus beaux reflets là où on ne les attendait pas forcément. Car en effet, c’est bien dans ses mélodies douces, loin de la rage des guitares, qu’Oceania révèle toute sa beauté. On ne sera pas vraiment surpris, et l’on appréciera surtout la brise du renouveau qui souffle sur The Smashing Pumpkins.
3.5 / 5