« Moui ». Vous étiez en droit d’attendre plus d’enthousiasme après nos relais de chaque nouveau single et du streaming intégral de Comedown Machine, cinquième album des Strokes. Après un Angles qui a du mal à vieillir correctement (et qui essuyait déjà des critiques inhabituelles pour le groupe à sa sortie), il y avait une sorte d’inquiétude pesant sur son successeur.
Et ce successeur démarre plutôt bien ! Avec deux premiers titres (Tap Out et All The Time, que l’on connaissait déjà) assez dansants et entraînants. Puis arrive le bizarroïde One Way Trigger qui n’en finit pas de diviser, entre « WTF » et « super progression du groupe ! ». On peut le dire tout de suite : One Way Trigger étant unique en son genre sur l’album, on ne s’attardera pas dessus pour caractériser l’ensemble du disque.
Welcome To Japan nous gratifie d’un retour en règle de la basse de Nicolaï Fraiture, qui manquait assez sur Angles. Puis survient 80’s Comedown Machine. Et c’est le début, du moins l’arrivée d’une sensation inédite, celle du vide. Là où précédemment un Ask Me Anything sur First Impressions of Earth réussissait à dégager une vraie atmosphère sur un tempo lent, c’est complètement l’inverse ici. Et malheureusement cela continue : 50 50 résonne comme un faux Strokes « première période », Slow Animals et Partners In Crime ne parviennent pas à décoller malgré des refrains assez sympathiques, et c’est la lente dégringolade avec Chances, Happy Ending, tandis que Call It Fate Call It Karma tente désespérément de rejouer la carte de l’originalité. Sans succès.
On a bien compris que Julian Casablancas souhaitait partir dans les aigus, et ses compères le suivent autant que possible avec leurs instruments. Si le niveau est très légèrement au-dessus d’Angles, on est bien loin de ce qui a façonné l’image et la réputation du groupe new-yorkais. De Comedown Machine, il se dégage l’étrange impression que si ça n’avait pas été The Strokes, l’indulgence ne serait pas aussi grande. Il s’agit là d’un sérieux avertissement.
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