
Bref? Phénomène éphémère de court durée (par épisode) de 82 unités projetées sur un petit écran crypté (mais en clair) entre Août 2011 et Juin 2012. Le temps de (quasi) 3 millions de fans sur Facebook, un documentaire, quelques couv’ (notamment des Inrocks), des fans à gogos, des ‘pour’ et des ‘contre’. Incarnation par essence de la vraie trouvaille métamorphosée en phénomène de société avant même de s’installer, Bref c’est déjà fini. Brûlant plus vite leur oeuvre auto-proclamée qu’elle ne se consume, les trois têtes (Kyan Khojandi, Bruno Muschio, Harry Tordjman) derrière cette révolution du PAF referment la porte. Certainement pour mieux ré-attaquer ensuite. Et c’est tant mieux. Ou pas.
Soyons direct : Bref, c’est un peu comme toutes les bonnes choses. Il ne faut pas en abuser. Passé l’effet de surprise, et étrangement la première partie (40 épisodes livrés en bloc à Canal+ avant de se voir confirmer la suite), la suite est assez inconséquente. Comprenez, on ne blâme pas le trio diabolique derrière Bref, qui d’ailleurs avait fait ses preuves avec de précédents formats courts d’aussi bonne tenue (matez-vous donc le Festival de Kyan), et dont le travail ici est remarquable. Avec la bonne formule magique, ils surprennent leur monde et creusent une brèche au prime time de C+ qui n’excitait plus guère… Et c’est le début de la fin. Outre les références générationnelles assez bien trouvées (surtout pour les nouveaux trentenaires geeks à poils ras – aucun commentaire), Bref est un vrai condensé de bonnes idées. Mal négociées, et surtout devenues accessoires face au buzz les entourant.

Kyan et ses amis poursuivent donc leurs aventures sur 82 épisodes dans un marasme ambiant assez fatal. Si les débuts sont plaisants, voire drôles jusqu’aux larmes pour certains sketchs, la deuxième moitié de Bref, où le choix se porte sur une descente aux enfers du personnage, passe du côté obscur de l’humour. Plate et répétitive, la série enchaîne les thèmes faciles (tiens, une photo, un souvenir…), déjà entrevus précédemment, change de voix off (une idée répétée…), enchaîne les tentatives d’émotions ou de fatalisme à deux francs… Passé le fun, Bref s’enlise dans une dépression post-natale assez fatale. Avec une écriture trop facile, Kyan et ses potes ont fait jouer la même mécanique pendant 40 autres épisodes sans réellement aller au-delà de la promesse fournie. Dommage, et passablement ennuyant (si tu as aussi fait l’effort de voir toute la saison).
On est donc relativement heureux d’apprendre la fin de cette expérimentation, qui calmera sans doute l’excitation pré-pubère des spectateurs mal informés. Sans pour autant attendre forcément la bande à Kyan au détour de leur prochain programme, la lettre d’adieux mi-informative mi-hommage ne rassure pas. Les voilà donc rangeant leur première « œuvre » (au sens légal, oui – au sens télévisuel, on espère les voir offrir plus consistant : ils en sont capables!) au placard en nous promettant de meilleurs lendemains. Comme en ce moment le leitmotiv est « le changement, c’est maintenant », on espère que oui.
PS: oui, ça se termine le 12 Juillet, mais cet avis tout à fait subjectif illustre aussi bien la série que le phénomène qu’elle représente. Peu importe le final (qu’on espère heureux, avec plein d’enfants…).
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