L’internet est en forme en ce moment. Enfin, de l’autre côté de l’Atlantique. La faute à ? Une série télévisée : Veronica Mars. Une de celle qui aura fait son temps, trois saisons et puis un arrêt en bonne et due forme par Warner pour cause d’audience en baisse. Mais la communauté de fans en voulaient plus, et l’a réclamé. Ce que le showrunner Rob Thomas, grand manitou scénaristo-producteur (et sur ce coup là, un de ceux dont le nom est irrémédiablement collé à sa série – avec l’interprète principale, Kristen Bell), a fini par accélérer. Coincé dans la grande machine hollywoodienne, le projet d’adaptation en long métrage d’une suite aux aventures de la lycéenne détective a donné un grand coup de kick-start grâce à la magie du web. Et l’argent des fans.
Sur le bon principe d’un appel à financement, et une sollicitation d’une communauté de fans déjà constituée, la jeune Veronica a donc fait claqué le gong des 2 millions de dollars (somme demandée – depuis explosée) en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, via le réseau Kickstarter. Moins d’une journée aura suffit pour récolter ce qui est un feu vert à la production du film, soutenu par Warner mais qui prenait la poussière sur les étagères. Une somme rarement atteinte, et rarement demandée, qui peut faire jurisprudence. Si la recette est respectée :
– une communauté pré-constituée, voir fanatique. Tout showrunner de séries arrêtées brutalement est donc en train de remplir sa page Kickstarter ou Ulule (admettons).
– comprendre que pour attirer le chaland, il faut séduire. Et donc proposer en matière de crowdfunding de quoi satisfaire les fans (avec la mention qui va bien concernant le fait que tout ne leur est pas offert : voyage, hébergement…)
– s’investir dans le projet : le producteur-scénariste-réalisateur et son cast semblent prêt à se donner à fond pour leur film. Les fans suivent.
Que cela donne des idées, très bien ! Pas sûr que le territoire français soit assez grand pour soutenir des projets de telle envergure : Michelle Laroque et TousCoProd portent sur leurs épaules la même ambition avec Jeux Dangereux, qui vous demandent 400 000 euros pour lancer le projet. On dépasse à peine les 68 000 (ce qui est déjà une jolie somme dans le crowdfunding français…), pour une durée trois fois plus importante que le projet américain. Le fossé est donc encore grand, mais l’espoir désormais bien là.