Le troisième album de Keane est plutôt suprenant. Presque risqué. Autant j’avais noté un réel potentiel avec Under The Iron Sea, autant je ne me doutais pas que le virage allait être amorcé de cette façon avec Perfect Symmetry (rien à voir avec un bon album de Muse).
D’une manière générale, on a l’impression que l’album contient moins de « tubes » immédiats par rapport à ses prédécesseurs. Pourtant le premier titre (et premier single) Spiralling est très accrocheur, mais dans un registre beaucoup plus dynamique (complètement pop, et terminées les mélodies au piano) que ce dont Keane nous a habitué. Impression confirmée un peu plus loin avec Better Than This, où la voix pourtant plus mature de Tom Chaplin monte dans des aigus moins romantiques et plus funs. Le groupe va même chercher un synthé assez kitsch pour Again And Again qui demeure pourtant l’un des meilleurs morceaux de l’album. Enfin, vous entendrez même du Français sur Black Burning Heart vers la fin du disque, de quoi séduire nos jeunes filles à nous.
Après s’être bati une solide réputation de jeune groupe pop romantique, Keane amorce un tournant, risqué, qui pourrait lui coûter des fans. Mais c’est en partie comme cela qu’on acquiert mon respect en tout cas. Si en plus je peux être en désaccord avec la chroniqueuse du NME, c’est tout bon. Dommage que l’édition Deluxe de Perfect Symmetry ne soit qu’un CD-bis composé des démos des titres, cela est totalement inutile (toutes les chansons ont des démos, on n’en sort pas pour autant un disque puisque c’est généralement moins bon que les versions définitives).