Netflix (qu’on ne présente plus) connaît une année forte depuis le festival de Cannes 2017, se confrontant de plus en plus directement à l’industrie cinématographique. La mode ? Reprendre des films originellement prévus pour le cinéma, que le distributeur sur grand écran semble ravi de vendre pour une autre destination. Le réalisateur de l’estimé EX MACHINA, Alex Garland, voit donc son deuxième film ANNIHILATION proposé sur le service de streaming, après une sortie limitée sur quelques grands écrans (aux USA).
Et c’est une bonne nouvelle : celle qu’on peut aujourd’hui assumer des films hors circuit cinématographique. De nombreux chantiers restent à éclaircir, mais le dynamisme des principales plateformes de streaming laissent envisager de nouveaux débouchés. A l’inverse, on peut craindre que ces derniers deviennent les seconds couteaux de la distribution : CLOVERFIELD PARADOX le mois dernier, et ANNIHILATION (donc) ont été produits en envisageant le grand écran. On peut penser que les équipes et talents réunis espéraient une diffusion à plus grande échelle.
Et deuxième bonne nouvelle, cette fois-ci pour le cinéma : Netflix aussi peut se rater. Car sur les deux heures d’ANNIHILATION, difficile d’y voir un grand intérêt : fable de science-fiction post-moderne questionnant notre nature même (Garland adore ça, après les robots et l’intelligence artificielle dans son premier film) face aux éléments, à notre croyance aux sciences etc… ANNIHILATION peine à décoller, n’offrant qu’un ersatz moins précis de ARRIVAL. Une scientifique tente de comprendre un monde inconnu, quitte à se mettre en danger, pour sauver l’homme qu’elle aime ; nous cherchons à comprendre ce qui peut nous passionner dans ce voyage en terre inconnue (fluo).
Et pourtant, Garland soigne son film. Il évite toute surenchère, tente le drama soigné sur fond de biologie bouleversée. Mais en dehors du fait que ces problématiques sont présentes dans de nombreux films de science-fiction, ANNIHILATION pâtit des écueils du genre : comportements aléatoires des personnages, démarches illogiques… A trop jouer entre la raison et les sentiments, Garland offre un récit mitigé, aux bases solides mais qui ne décolle jamais.
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