Quand les aigles attaquent

Je dois évidemment parler du titre français (Quand les aigles attaquent), pas très adapté au film. Parce que la question du temps est anecdotique, elle n’a pas réellement d’importance dans le film, puisque l’urgence n’est pas aussi soulignée qu’attendue. Qu’importe, le principal est sur le « Where » du titre original : le lieu (« Où » en français). Le château est le point de convergence et de divergence principal du long-métrage. C’est ce même château qui crée les bouleversements narratifs.

Néanmoins, l’esthétique des espaces ne suit pas vraiment. Usant beaucoup trop du champ / contre-champ dans les confrontations directes entre ennemis, il n’y a aucune sensation sur le moment. Le seul intérêt abouti est d’insuffler une ambiance par séquence, en sachant que Brian G. Hutton prend son temps sur chaque situation, d’où un film qui dure plus de 2h30. Captivant à quelques reprises, cela n’empêche pas de trop étirer les événements. On ne peut pas non plus nier qu’il y a quelques intentions très louables. Que ce soit dans quelques références aux CANONS DE NAVARONES, ou dans la manière de réduire les espaces à un enfermement. Dans sa mise en scène, Brian G. Hutton prend le parti de capter des espaces aux plans larges, mais de réduire l’action à un périmètre précis (une taverne, une remise, le toit d’une télé-cabine, une salle de réception, une chambre, etc…).

Alors que les personnages manquent cruellement de profondeur, simplifiés à des corps en action (la révélation en milieu de film est outrageusement mal jouée et écrite), ils semblent chercher les fameuses têtes brûlées des meilleurs films de commando. Même si l’action est modérée, sans débordement, le long-métrage n’arrive jamais à faire exploser les espaces du cadre. Tout reste confiné dans l’instant, sans jamais penser à accorder l’aventure comme un chemin qui s’ouvre petit à petit. Jusqu’à l’arrivée au château, le montage des espaces est plus que désordonné, brouillon, sans base solide. Cependant, dès que les personnages sont dans le château, se crée une forme de labyrinthe dans le montage des espaces. Et quand ils sont sur le point d’en partir, tout devient plus fluide et tempéré. En fait, le film souffre terriblement de son désir d’éclatement du commando, alors que bien fade dans sa composition.

QUAND LES AIGLES ATTAQUENT de Brian G. Hutton.
Avec Richard Burton, Clint Eastwood, Ingrid Pitt, Mary Ure, Patrick Wymark, Michael Hordern, Donald Houston, Robert Beatty, Neil McCarthy, Brook Williams, Peter Barkworth.
Grande-Bretagne / 155 minutes / 1968

2.5 / 5
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