Why Don’t You Play in Hell ?

Après deux mélodrames marqués par la catastrophe de Fukushima (The Land of Hope et Himizu), Sono Sion revient à ses premières amours. Il livre avec Why Don’t You Play in Hell ? un film enragé et amoureux du cinéma.

Muto et Ikegami sont deux chefs yakuzas ennemies. Ikegami tente de tuer Muto mais tombe sur sa redoutable épouse qui liquide les hommes de Ikegami. Elle se retrouve en prison pour un certain temps alors qu’elle se dévouait à la carrière cinématographique de sa fille Mitsuko. Muto lui promets de poursuivre son dévouement. Mais à quelques jours de la sortie de prison de l’épouse, Mitsuko a déserté le plateau de cinéma. Muto doit impérativement trouver une solution pour honorer le sacrifice de son épouse. Parallèlement, Les Fuck Bombers trouve enfin la star de leur prochain film. Enfin, en attendant que le dieu du cinéma leur envoie un signe ou un scénario…

Le pitch du film ne révèle pas vraiment son intention. Derrière le film de yakuzas se cache un film pluriel, on assiste finalement à une déclaration d’amour au cinéma, mêlant gore, comédie et gangsters. Sono Sion nous raconte probablement ses rêves d’adolescent à travers les personnages des Fuck Bombers, le collectif de cameramans vissés aux sièges d’un ciné-club.

Tourné en 35mm, magnifiquement mis en scène, monté comme un 100 mètres haie (rapide dans le sprint, précis dans les sauts), le film est aussi jouissif qu’impertinent, c’est le « dawn good movie » dont le personnage du projectionniste parle, le seul film qui mérite d’être fait.

La musique du film et son montage rappelle un style tarantinesque. L’excitation qui en résulte est aussi forte que dans les film du réalisateur américain. L’esthétique de la scène de rencontre entre Mitsuko et Ikegami est une pure merveille. Son entrée dans une marre de sang rappelle que nous avons affaire avec un vrai artiste. Les touches d’humour et notamment le leitmotiv de la chanson de Mitsuko (qu’elle chante dans sa première publicité pour du dentifrice) maintient un rythme effréné.

Avec une fin totalement décomplexée et vraiment jouissive, le nouveau film de Sono Sion est à mon avis parti pour remporté les faveurs du public à l’Etrange Festival. C’est mon favori de la compétition, mais indéniablement un film incontournable de cette année. On en ressort avec en tête la chanson de cette publicité (et l’envie de danser sa chorégraphie), un sourire jusqu’au oreille et une envie d’aimer encore plus fort le bon cinéma.

4.5 / 5
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