Après avoir encensé Playing The Angel et Sounds of the Universe, je me sens assez libre d’avouer que Delta Machine me plaît moins. Une impression de recette éculée, de construction similaire, et surtout de fatigue générale se dégage de ce treizième album de Depeche Mode qui paradoxalement semble toujours profiter de sa résurrection des années 2000.
Mais les effets et les faits sont là : le rythme a fortement baissé, l’électro omniprésente ne cherche pas trop à innover, tout comme la voix de Dave Gahan. Les coups de fouet interviennent rarement (Secret To The End, Soft Touch/Raw Nerve) et sortent difficilement de la torpeur tranquille symbolisée par le si bien-nommé Slow. Delta Machine n’est pourtant pas dépourvu de fulgurances, comme Alone et ses sonorités sombres qui pourraient rappeler Massive Attack, ou Happens All The Time. Cependant, le tempo très lent de l’album demeure un véritable frein à l’émergence de pistes ambassadrices. Quand on se souvient de Precious ou de Wrong qui ont admirablement porté leurs albums respectifs, on a du mal à voir en Heaven la même puissance.
Je ne crois pas avoir changé. Plus précisément, je ne crois pas que mon intérêt pour Depeche Mode a changé. Delta Machine me semble plusieurs crans en-dessous de ses deux prédécesseurs, les seuls qui puissent supporter la comparaison évidemment, on ne remontera pas plus loin dans le passé.
2.5 / 5