Bon Iver. Quelques années dans l’ombre, la confidentialité d’auditeurs éclairés (pas nous, soyons honnêtes) et une postérité fulgurante. Justin Vernon, amoureux déçu (par Emma) qui s’enferme dans une cabane pour composer ce premier album, semble touché par la grâce. For Emma, Forever Ago ce sont neuf titres, moins de 40 minutes, et une oeuvre entière à apprécier pour son éclat étincelant.
Une folk sensible, bien loin de la guimauve, se dégage du disque au travers ses titres les plus délicats : Flume, évidemment Skinny Love, Team, For Emma… et tous les autres en fait. Car c’est une évidence : For Emma, Forever Ago est d’une inébranlable cohérence, absolument parfaite. Les variations y sont subtiles mais intenses, jamais brutales.
Bon Iver sait également jouer de sa voix, pour la rendre multiple (The Wolves), la coller au plus près des instruments, en faire quelque chose de mémorable (trop aiguë ? trop forcée ? c’est justement ce qui créé le style de l’artiste). Petit morceau brut de mélancolie, For Emma, Forever Ago restera comme l’un des albums marquants des années 2000. Et Bon Iver comme un nom charismatique.
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