Dire que l’on attendait beaucoup de la part d’Egyptian Hip Hop serait un euphémisme. Rapidement portés aux nues avec seulement quelques démos, une longue période d’absence (trois ans, tout de même) puis enfin un single et l’annonce d’un premier album, on pensait que ces débuts chaotiques annonçaient quelque chose de grand. Ce sera « simplement » Good Don’t Sleep, un album sympathique à l’image du groupe : très prometteur, mais pas encore pour tout de suite.
Car il y en a en réserve, c’est incontestable. Au-delà de ce qui séduit immédiatement — la voix d’Alex Hewlett — ce sont des arrangement spatiaux qui donnent aux quatre Mancuniens une patte avec du potentiel. Les rythmes lancinants (Snake Lane West), les percussions (Tobago), les fondus électro (SYH), tout cela confère au mélange math-rock / psyché-pop d’Egyptian Hip Hop un esprit fantomatique enchanteur. Good Don’t Sleep est déjà intemporel, peut-être est-ce du à son accouchement si tardif.
Evidemment, certains titres ne parviennent pas à caresser l’oreille autant que leurs compères : Pearl Sound ou Iltoise manquent de relief en s’étirant un peu trop. Mais ce serait une erreur d’en demander plus à ces jeunes pousses qui ont enfin surmonté l’épreuve de leur premier album. Ils nous offrent l’un des disques à part de cette année, le cru 2012 un peu rare à sortir discrètement en soirée, et à savourer.
3.5 / 5