Cela fait désormais quelques années que les fans d’électro maîtrisent son nom. Gesaffelstein pourrait être allemand mais non. Il est bel et bien français et a été biberonné aux sons de The Hacker et de Miss Kittin au sein des labels Goodlife puis Zone à Lyon avant de rejoindre l’écurie Bromance aux côtés de Brodinski, avec qui il vient de produire ce premier album : Aleph.
Au fur et à mesure, il multiplie les collaborations et lives avec les membres des labels Bromance (Brodinski, Club Cheval…) ou bien Ed Banger, et Radio Soulwax (2 Many DJ’s avec qui il a partagé l’affiche à la soirée Audi E-Tron il y a un mois notamment). Il impose son style dans les soirées hype de la capitale où, costard noir et chemise blanche, il dénote autant physiquement que musicalement.
On connaissait son style, un peu dark et porté sur des sonorités métalliques, industrielles. Pour le grand public, c’était avant tout la musique d’une publicité Citroën :
Dans Aleph, ce premier album attendu depuis bien longtemps par les fans, ce côté industriel et tapageur est bien présent dès l’ouverture avec Out of Line et également le titre Pursuit sorti il y a quelques mois. Mais on découvre aussi une facette un peu plus mélodique et reposée de Gesa. Des basses abyssales low tempo qui semblent venir de fosses sous-marines comme sur Nameless, ou bien des notes douces qui rappellent des souvenirs d’enfance sur Wall of Memories. Alors on se dit que derrière tout cela il y a un cœur brisé qui bat à 120 bpm. Confirmation sur le morceau-titre Aleph qui restera le plus abouti et la pierre angulaire de cet album. Une mélodie douce, mélancolique, agrémentée de basses lourdes et de synthés inquiétants qui nous plongent dans une atmosphère étrange et apaisante à la fois. Ce genre de mélange de sentiments qui fait de quelques sons une vraie œuvre.
Un ou deux ratés tout de même, notamment Helifornia, sorte de fourre-tout tapageur qui mélange beat et batterie Dirty South et sirènes, dans un mélange un peu indigeste, ainsi que Duel, tourbillon de synthés et sirènes un peu kitsch à mon goût.
Au final cet album est très cohérent et rafraichira sans aucun doute l’image de Gesaffelstein en même temps qu’il assombrira encore un peu les bacs électro de la FNAC avec sa pochette mystique.
3.5 / 5