Girl Talk (de son vrai nom Gregg Gillis) fait partie de ces artistes sampleurs qui créent des morceaux entiers à partir de bouts d’autres morceaux. Dans la lignée de 2 Many DJ’s, mais en plus jouissif, plus nerveux, et plus rap. Avec son troisième album Feed The Animals, on monte d’un cran dans le génie musical (ou le massacre, dirons certains), ce qui est sûr c’est que ce mashup ne laissera personne indifférent.
Rendez-vous compte : environ 300 samples utilisés pour cet album, d’artistes aussi divers et variés que Radiohead (deux fois : 15 Step et Paranoid Android) à Avril Lavigne, de Stardust à Genesis, de Nelly Furtado à The Cure, et évidemment je ne donne que d’infimes échantillons.
Alors évidemment se pose la question des droits d’utilisation (d’ailleurs le label de Girl Talk s’appelle Illegal Art…), d’autant plus quand on sait que Feed The Animals, album à paraître en septembre, est déjà proposé par l’artiste sur le principe du « on donne ce qu’on veut » déjà expérimenté par Radiohead pour In Rainbows. Donc concrètement oui, dès aujourd’hui rien ne vous empêche de télécharger Feed the Animals et son délire musical, gratuitement et légalement, sur le site d’Illegal Art. J’y reviens en fin d’article pour donner le lien.
Car il faut également chroniquer l’album. Exercice difficile vue sa particularité, et le fait que le rap est loin d’être mon genre musical de prédilection. Pourtant la « magie » opère, et après quelques écoutes et les premières sonorités reconnues, j’ai plongé tout entier dans le feu d’artifice, le patchwork. D’autant que le disque ne lâche rien : il maintient sur toute sa durée (53 minutes) un rythme de malade. Si vous avez une solide culture musicale vous risquez d’en sortir avec une migraine à force de vouloir identifier les samples et de ne pas vous rappeler des noms. Un conseil : laissez tomber tout de suite. D’autant que d’autres ont fait le travail pour vous : la page Wikipedia de l’album recense l’ensemble (je crois) des artistes utilisés pour chaque morceau, avec le titre de la chanson samplée. Un travail titanesque mais qui est d’un soulagement incroyable quand pendant des heures vous n’arrivez pas à vous défaire de cette mélodie super-courte dont l’auteur vous échappe.
Je ne dis pas que Girl Talk et Feed The Animals vous réconcilieront avec le rap (je ne suis même pas sûr qu’on puisse qualifier l’album de « rap » malgré le phrasé) mais vous avez la possibilité d’avoir une pièce unique dans votre discothèque.
Il faut se rendre sur le serveur d’Illegal Art pour télécharger Feed The Animals, puis cliquer sur la pochette et indiquer le prix que vous souhaitez. A partir de $10 (soit quelques malheureux 6,5 euros max…) vous recevrez l’album (physiquement, avec un CD et une pochette) à sa sortie en septembre. Profitez, c’est de la bombe.