2009 aura été un grand cru pour Graham Coxon : Participation fructueuse à l’album solo de Peter Doherty, reformation de Blur, et nouvel album solo (son septième), The Spinning Top.
Le disque est à nouveau produit par Stephen Street comme ses deux prédécesseurs, mais il n’a pas la même saveur, étant en effet un peu moins rock que Love Travels At Illegal Speeds et Happiness In Magazines. C’est donc un style plus calme, plus acoustique, mais franchement tout aussi plaisant, qui nous est proposé. On retrouve dans The Spinning Top la touche mélancolique que Graham possède et qu’il a toujours su apporter à Blur.
Le voici donc dans des titres souvent intimistes et même parfois aventureux, comme sur In The Morning qui dure 8’27 » et où Graham s’essaie à monter dans les aigus, avec succès. Plus loin sur Perfect Love ou Dead Bees il destructure la chanson, le genre de rupture qu’il affectionne tout particulièrement (citons notamment l’excellent Sorrow’s Army) mais qui reste moins présente que par le passé. On restera par exemple assez loin d’un I Don’t Wanna Go Out, renversant sur le précédent album.
D’un autre côté, on a parfois des chansons trop calmes, trop plates, à l’image de Brave The Storm qui ne décolle pas, ou de Caspian Sea qui devient… si casse-pied (la tentation était trop forte). En revanche, il sera difficile de rester insensible aux trois dernières pistes de l’album (symbolisant l’existence de l’humain, de la naissance à la mort) qui nous transportent de manière plutôt aérienne (Tripping Over) vers le triste mais magnifique dénouement de November, lui aussi destructuré en son milieu. Une superbe clôture de disque comme on les aime.
15 titres et plus d’une heure de musique, voilà ce que Graham Coxon nous a réservé avec The Spinning Top. Bien loin d’être aussi rageur qu’auparavant, l’artiste nous démontre une nouvelle fois son talent aussi bien vocal que musical (et quel guitariste notamment! quelle maîtrise!) parvenant même à faire moins de chansons « bluriennes » (c’est vrai, on pourra parfois le regretter, mais réjouissons-nous plutôt de la reformation du groupe). Sa collaboration avec Peter Doherty semble lui avoir donné une nouvelle dimension.
4 / 5