Veckatimest, c’est le troisième album studio de ce groupe de Brooklyn Grizzly Bear que je ne connaissais pas auparavant. Compte tenu de la qualité du disque, l’erreur devait être réparée. Car Veckatimest contient de magnifiques titres, lorgnant aussi bien du côté du folk-rock que de la pop-jazzy, à l’image de son titre d’ouverture l’excellent Southern Point.
Le morceau suivant n’est pas en reste, bien au contraire : Two Weeks, ce sont quelques notes de piano martelées, des voix parfaitement maîtrisées, et il n’en faut pas plus pour que la magie opère.
Après ces deux titres majeurs, on reste ensuite dans un registre calme, avec pas mal de choeurs, ce qui n’est pas sans rappeler un autre album brillant dans le genre : Fleet Foxes. Cependant, Veckatimest pourra aussi souffrir des mêmes reproches : un manque certain de dynamisme au coeur du disque. Car quand on a goûté au rythme en début d’album, il est souvent difficile de s’en passer par la suite. Et les envolées sont malheureusement trop rares pour capter totalement l’attention, même si par exemple Ready, Able (bien enfouie en piste 7) sait transporter son auditoire. Elle marque aussi l’entrée dans la seconde moitié de l’album qui ne sera pas tellement différente si ce n’est que les instruments se durcissent un peu (While You Wait for the Others).
Et puis, morceau final, on baisse le rideau. Mais cette fois Grizzly Bear n’a pas choisi « juste un dernier morceau calme au hasard ». Non, car Veckatimest se termine sur le titre Foreground, véritable petite pépite de toute beauté, au piano. Plus qu’un morceau de cloture, Foreground pourrait terminer n’importe quelle série ou film.
De quoi évidemment vous laisser un très bon arrière-goût de l’album une fois terminé, surtout si l’on se souvient de son excellent début également. Mais pour être complet il ne faut pas occulter qu’en son milieu, Veckatimest peche un peu par son manque de rythme. Certains ne lui en tiendront pas rigueur, d’autres auront finalement tendance à zapper une partie des titres.
3 / 5