On a envie de dire : « Oubliez tout ce que vous aviez déjà entendu de The Decemberists, de Picaresque à Omnibus de Tarkio » (le premier groupe du leader Colin Meloy). Et pourtant rien n’était mauvais, mais le niveau général n’atteignait pas pour autant celui de ce nouvel album, The Crane Wife , une sorte d’apogée pour ce talentueux Colin.
The Crane Wife , c’est une aventure, comme l’attestent la première piste (The Crane Wife 3) et l’avant-dernière (The Crane Wife 1 & 2). L’album s’est en effet inspiré d’un vieux conte japonais. Mais c’est surtout un monument qui justifie à lui seul l’achat de l’album : The Island…, plus de douze minutes pour une chanson en quatre temps exceptionnels, dont le troisième, une partie « électro-scottish » endiablée terriblement entraînante.
The Island… a donc tout pour lui, et mieux encore, il est très bien entouré, par le premier titre de l’album donc, mais aussi par Yankee Bayonet, un duo très réussi avec la chanteuse Laura Veirs avec qui Colin Meloy avait entamé une tournée en janvier 2006. Le reste de l’album après ce tiercé gagnant est, finalement, une partie de plaisir. Les morceaux s’enchaînent avec toujours une grande qualité, les dernières réticences à la voix de Meloy finissent par s’estomper et l’on profite pleinement de cette heure (généreuse) de musique offerte. On retiendra le « the perfect, the perfect… » martelé sur The Perfect Crime #2 et servi par une très bonne guitare, le folk dépouillé et mélancolique de Shankill Butchers, et d’une façon générale le rythme de croisière pris par l’album jusqu’à la fin, le sympathique Sons and Daughters.
The Crane Wife frôle la perfection par la qualité de ses morceaux. Le seul reproche à lui faire serait de ne pas réussir à tenir le rythme imposé par les trois premières pistes (voire quatre, voire cinq), d’un niveau excellent. De toute façon, il s’agit sans conteste d’un album à acheter sans se poser de questions.
4.5 / 5