A force d’être repoussé, on se demandait si l’on pourrait un jour apprécier Inside In/Inside Out , le premier album de The Kooks, déjà sorti début février en Angleterre, la patrie du groupe (originaire de Brighton). Pour Onlike, ça sera donc l’album du mois de mars !
Le nom de ce quatuor n’est pas un subtil jeu de mots à base de cuisine et d’un autre nom de groupe (The Kinks, pour ne pas le citer), mais plutôt un vibrant hommage au magnifique album Hunky Dory de David Bowie sorti en 1971, dont la piste 5 s’intitule… et oui… Kooks.
La douce entame de Seaside, acoustique, très calme, est en réalité trompeuse : elle ne laisse entrevoir que la moitié de l’album. C’est en effet See the World qui pose les autres sonorités : énergique, boostant, dynamique, il révèle aussi l’excellente voix du chanteur, Luke Pritchard, qui n’a d’égale que les incroyables effets de mouvement de sa coupe de cheveux sur scène.
La musique de Inside In/Inside Out , est donc le résultat de ce mélange. Et The Kooks savent très bien le cuisiner. Sofa Song en est un des meilleurs exemples : retour à une intro acoustique, mais morceau plus proche de See the World. La recette est confirmée avec Eddie’s Gun, le premier single.
Ooh La sonne déjà de façon plus originale. Sympathique, mais surtout très influencée par Supergrass. Au niveau des références justement, certains ont cité The Kinks (pas seulement pour la ressemblance des noms, donc), pourquoi pas. Mais les oreilles un peu plus jeunes y trouveront surtout du Razorlight, excellent groupe qui affectionne particulièrement ce genre de musicalité. C’est le cas par exemple avec You Don’t Love Me, un morceau plus rageur que les autres.
A l’inverse, She Moves In Her Own Way est un titre pop qui rappelle d’autres noms (The Shins, The Thrills). A n’en pas douter The Kooks maîtrisent parfaitement leurs différents registres.
Le tout s’enchaîne dans le même genre, mais en conservant une identité propre. Matchbox, Naive qui est déjà le quatrième single, I Want You Back et son fantôme de Jeff Buckley, If Only, le très distingué Jackie Big Tits, et puis l’on arrive à Time Awaits, le morceau le plus long (plus de 5 minutes !). C’est le titre le plus riche musicalement, on perçoit même quelques passages de reggae des plus plaisants ainsi qu’un final très original avec deux faux fondus (fade out). Enfin l’album se termine sur Got No Love, véritable morceau de clôture puisque le rythme se pose et l’instrumentalité est minimaliste.
Il y a dans Inside In/Inside Out une fraîcheur et un talent juvénile bienvenus. En gardant la tête froide, The Kooks peuvent encore aller plus loin et perfectionner leur musique. Leur potentiel est très grand.
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