On peut enfin parler de la saison 6 de Game of Thrones, après deux épisodes. Bah oui : les deux derniers épisodes, épiques (il faut en convenir) sont la saison 6. Et c’est bien le drame de la saison, qui a plongé dans les malheureux travers de bon nombre de séries désormais : on donne tout sur quelques grands moments, et on comble sur le reste, pour patienter. Alors, sans renier la qualité de Game of Thrones, avec un peu de recul il est impossible de passer sous silence les longueurs et incompréhensions dans cette saison. Compte-rendu réservé à ceux qui sont à jour, bien évidemment.
Mourir, ce n’est plus très grave
Si vous en doutiez, Game of Thrones n’est plus une série adaptée d’un roman d’heroic-fantasy. Le petit écran a pris le dessus sur le papier. Alors s’il faut qu’un personnage emblématique, chouchou des spectateurs, finisse par mourir, pas de problème, on a la solution : la resurrection. D’ailleurs tant qu’à faire, abusons-en. Désormais la mort n’est plus définitive (attention : dans la vraie vie c’est toujours le cas) on peut provoquer des « Ho ! » de stupeur chez les téléspectateurs avant d’enchaîner sur des « Aaaah ! » de soulagement quand un personnage réapparaît. Cela marche dans la Garde de la Nuit, cela marche avec un vieil oncle dont on avait même oublié l’existence, cela marche avec un limier… bref ça marche partout.
Le long chemin de la conquête du trône de fer
La saison prend son temps. D’ailleurs la saison, c’est l’hiver. Il est là mais on ne s’en rend pas encore compte, sauf du côté de Bran, propulsé d’un seul coup « personnage le plus puissant de la série » après avoir été le plus ennuyeux, puis le plus absent. Il fallait bien lui trouver un intérêt pour compenser son infirmité, le voici voyageur du temps, avec peut-être-le-pouvoir-de-le-modifier-mais-on-ne-sait-pas-encore-vraiment. Les séquences avec Bran nous révèlent quelque chose qui aura son importance plus tard, ou pas du tout et on aura bien perdu notre temps, on commence à en avoir l’habitude. D’ailleurs à Braavos, on a aussi somnolé ferme, l’intrigue avec Arya étant l’une des grosses déceptions de la saison, si ce n’est pour nous apprendre que la petite pourra désormais surgir et tuer n’importe qui sans prévenir. Cool, de toute façon on a débloqué la carte résurrection.
La seule vraie qui progresse coûte que coûte, c’est Daenerys. Heureusement qu’elle est là. Et même si Mereen n’échappe pas aux longueurs (Tyrion ? Devenu personnage secondaire sans prévenir, caution humoristique, gentil bouffon presque) c’est pour mieux devenir la base de lancement de l’opération conquête du trône. Car n’oublions pas que c’est l’intrigue principale. Tant mieux car un grand coup de balai est à prévoir à Port-Réal, jadis centre de tout, désormais aux mains de la foi, d’un ennui à mourir. D’ailleurs tiens, là aussi la mort va nous nettoyer un peu tout ça.
Etc., etc.
Avant donc ces deux épisodes qui en donnent pour notre argent, il y en a donc beaucoup, des moments « tout ça pour ça ». Le siège du Silure, la fraternité sans nom, le Val (le Val ? bah oui le Val), Brienne qui se cherche toujours un but dans la vie, Cersei et sa montagne, Qyburn et ses oisillons… Heureusement il y a aussi les bonnes surprises. Sansa Stark, surprenante de ressources (c’est aussi ça, une résurrection) ou la petite Lyanna Mormont (tiens, une Lyanna…), voilà des filles qui nous ont offert de bons moments. Au final, dix épisodes, deux exceptionnels, et huit pour les mettre en place. Niveau rentabilité, on est loin d’une performance.
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