Recommandation d’usage
Si vous lisez un article recommandant Outcast, signalez le contenu à n’importe quelle instance de contrôle et recommandez son auteur à Bolloré en le présentant comme le Cyril Hanouna de la culture (L-O-L).
Si un de vos potes vous recommande Outcast, retirez-le de vos contacts Facebook, Twitter, Snapchat… Si en plus c’est votre meilleur ami, couchez avec sa mère.
Bref, fuyez tout ce qui ressemblerait de près ou de loin à cette série.

« Vous avec votre un ami qui vous avait recommandé Outcast »
Et pourtant…
Pourtant sur le papier, on a envie d’y croire tant ça a de la gueule.
Le projet d’abord : adaptation comic à succès créé par Robert Kirkman, le papa de The Walking Dead.
Le pitch ensuite : un jeune homme, Kyle Barnes, accompagné d’un révérend cherche à comprendre pourquoi il est confronté à des démons depuis sa plus tendre enfance – autant vous dire qu’un ado de Quimper addict à Hanouna a une meilleure vie.
Le network derrière : Cinemax, la petite sœur d’HBO qui nous a gratifié de Banshee et de The Knick, qui est devenue un gage de qualité.
Le casting enfin : une ribambelle d’acteurs à l’air patibulaire ; ces visages tarantinesques aux traits bien anguleux annonçant le visionnage d’un bon film de série Z, celui qui vous arrachera quelques frissons et sueurs froides, un peu comme ce jour de soldes où vous avez craqué pour un home cinéma. Et surtout la succession d’acteurs piochés çà et là dans les séries cultes : House of Cards, Twin Peaks…
Le résultat ? C’est insipide et indigeste comme une galette de riz soufflé au chocolat. Ça réinvente le genre comme Zaz avec le jazz : ça repousse le niveau de médiocrité.

« Mon dieu, c’est horrible »
Le titanic télévisuel
Ce qui est d’autant plus perturbant, c’est que la série sombre après 5 minutes de pur génie.
Le premier épisode s’ouvre sur une scène alternant morbide et humour : dans une chambre typique d’une maison de l’Amérique profonde, une petite tête blonde comme seuls les USA et Kinder en proposent scrute un cafard. Les plans alternent focus sur le garçon, sur le cafard et plan plus large dans une austérité visuelle et sonore toute nordique. Soudain, l’enfant assène un coup de tête au cafard puis passe sa langue sur le mur, dégustant ainsi l’écrasé d’insecte comme on sirote un gaspacho. Rassasié, l’enfant descend les escaliers le menant au salon où sa mère et sa fille se disputent – la dernière souhaitant aller avec des amis à un concert se passant à l’autre bout de l’état. Alors que l’adolescent file dans sa chambre pleurer les larmes de son corps, la mère aperçoit son garçon qu’elle soupçonne de dévorer un paquet de chips – ce qui est légitime vu le bruit qu’il fait. Erreur. L’enfant se retourne et la caméra nous le montre en train de se manger littéralement les doigts.
Et puis après, ça part en Cyrus (la version artistique de partir en vrille). Le vrai mystère de cette série, c’est de savoir comment Kirkman a pu se foirer autant lamentablement… Au niveau des personnages : le héros par exemple est aussi sympathique que la fille de Nicholas Brody dans Homeland… et son acteur a l’air en pleine détresse à tel point qu’il a l’air de se dire « mais qu’est-ce que je fous là ? Et pourquoi j’ai choisi cette série ? J’aurai du dire oui à Plus Belle La Vie »… Au niveau de l’intrigue de chaque épisode : Outcast aligne les clichés du genre du type « grand complot démoniaque en préparation » que les scénaristes essaient de disséminer via des cliffhangers aussi foireux qu’une blague de Jérémy Ferrari… Au niveau de l’intrigue général : Kirkman nous introduit un vieux monsieur en costume noir façon « et là vous vous demandez qui peut bien être ce personnage… Mystère ? Ouais je suis un génie… attendez je dois vous laisser j’ai mon banquier qui m’appelle ». Sauf que bon… Vous voyez la scène où votre collègue essaye de ramener discrètement un macdo sauf que l’odeur le grille totalement ? Ben, c’est la même chose.
Finissons sur une bonne note, la série progresse en qualité légèrement d’épisode en épisode… enfin, ça reste aussi bon que Marseille.

Conclusion :
Si pour moi, c’est trop tard ; on ne me rendra jamais mes 6 fois 60 minutes (oui j’ai essayé de donner une chance à cette daube) ; pour vous il est encore temps. Fuyez.
Par égard pour vos yeux, je ne vous mets pas la bande-annonce.
Diffusion US : Cinemax
Diffusion France : OCS

« Oh mon dieu, une daube ! »
0.5 / 5