The Pacific

Steven Spielberg et Tom Hanks nous ont ému, voire même bouleversé, avec Il Faut Sauver le Soldat Ryan (film, en 1998) puis Band of Brothers (mini-série, en 2001). Longtemps attendue, la suite de Band of Brothers nous promettait encore son lot d’émotions historiques.

Mini-série de grande qualité à la production toujours aussi soignée, The Pacific souffre malheureusement de la comparaison avec sa grande soeur de 2001. Car si l’objectif de dépeindre l’horreur de la Seconde Guerre mondiale dans le sud-est asiatique est parfaitement atteint, on ressent moins l’intensité connue dans Band of Brothers. Et cela principalement à cause d’un manque d’attachement aux héros.

En effet, The Pacific est à nouveau un portrait de soldats courageux, plutôt bien interprétés par le casting. Mais les différents allers-retours effectués dans les épisodes n’ont pas permis de suivre en continu les soldats les plus intéressants. C’est surtout le cas pour Jon Seda qui interprète le sergent John Basilone, trop rapidement éloigné du champ de bataille après une action héroïque (mais qui reviendra… trop peu). Même constat avec probablement celui qui avait le charisme nécessaire pour porter la série, James Badge Dale, que l’on a connu en équipier de Jack Bauer dans 24 saison 3, puis qui a pris un virage intellectuel avec Rubicon (dans The Pacific, son personnage de Robert Leckie est un peu une transition puisqu’il joue un journaliste sportif qui s’enrôle).

Finalement, le vrai personnage principal, tardif, c’est sans doute Eugene Sledge (interprété par Joseph Mazzelo). Volontaire dès le début de la série mais refusé à cause d’un souffle au coeur, on le retrouvera finalement dans le feu de l’action et jusqu’au bout. Sa métamorphose est même l’un des rares fils rouges, tout comme la relation avec ses frères d’arme, Sidney Phillips et Merriell ‘Snafu’ Shelton, une personnalité atypique.

Comme dans Band of Brothers, c’est l’épilogue qui provoque une vague d’émotions chez le spectateur, lorsque l’on fait l’inventaire de ce que sont devenus ces héros de la guerre. Et malheureusement très peu des témoignages présents au début de chaque épisode sont relatés par des personnes qui ont eu un rôle de premier plan dans l’action décrite par la série. Mais The Pacific, peu importe ses défauts narratifs, possèdera toujours l’essentiel : le devoir de mémoire. Ne pas oublier pour ne pas recommencer, c’est en cela que les collaborations Hanks-Spielberg-Goetzman sont indispensables.

Steven Spielberg, Jon Seda, James Badge Dale, Gary Goetzman, Joseph Mazzelo, Tom Hanks

3.5 / 5
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