Metal Hurlant Chronicles – Episodes 1 à 3

Ambitieuse aventure pour la jeune société française We Prod, qui récupère la licence Metal Hurlant issue du magazine du même nom (rappelez vous, le magazine où sont passés Jean-Pierre Dionnet, Moebius, Philippe Druillet, Jodorowsky, Bilal, Richard Corben…), pour en sortir quelques histoires à bulles et les coller sur le petit écran. Et cela sous forme de coproduction internationale de 6 épisodes de 26 minutes chacun, dont nous avons pu en découvrir trois. Entre casting mondial et moyens de production encore timides, METAL HURLANT CHRONICLES dévoile de vraies envies pour une anthologie aux belles possibilités, aux passions de geek et à une certaine fraîcheur qui rattrape aisément le côté série B (qui n’est pas déplaisant non plus).

KING’S CROWN

Dans un esprit d’héroïc fantasy assez restreint (l’action se déroule dans la cour d’un château et la salle du trône), ce premier épisode suit les joutes de preux chevaliers qui se battent pour la couronne royal sur un bout de rocher volant.. Scott Adkins (Expendables 2) et Michael Jai White (Spawn, Dark Knight) se disputent le dernier round. Si l’idée est de cacher le budget réduit de la série, voilà un bon exemple pour tout jeune scénariste : centraliser l’action en peu de lieu, multiplier les dialogues (pas toujours très pertinents) et surtout jouer sur le visuel. Avec un twist final assez savoureux, voilà de quoi ouvrir les hostilités.

SHELTER ME

Changement de rythme pour un huis clos entre James Marster (Buffy) et Michelle Ryan (Bionic Woman), autre exercice de style aux mystères assez vite devinés mais qui joue avec le spectateur. Si l’ensemble est une copie grand public d’un THE DIVIDE plus gore, les deux comédiens et un montage qui tente de découper le rythme à la manière d’un journal nous amène tranquillement jusqu’à une fin presque attendue.

THREE ON A MATCH

Autre essai de science fiction, voilà une aventure spatiale où trois rescapés d’une collision avec une météorite doivent se regarder dans le blanc des yeux pour survivre. Avec Dominique Pinon et Eriq Ebouaney, on est ici dans un épisode plus frenchie non dénué d’humour (on y voit même un personnage lire un magazine METAL HURLANT), avec un peu de sexy (autre marque de fabrique de la série, forcément si vous connaissez le matériel d’origine) qui passe du huis clos au space opera.

Au final, cette tentative d’anthologie fantastique à la française récupère beaucoup des codes du genre, tout en les transposant à une échelle de production difficile mais rattrapée par quelques belles idées et artifices de réalisation. Loin d’être déplaisant, METAL HURLANT CHRONICLES bénéficie surtout d’histoires courtes qui ne se perdent pas en chemin. Reste à voir si la série aura la chance de perdurer, et donc de mûrir un peu plus pour dépasser son statut de premier essai de vraie science fiction hexagonale sur petit écran.

Diffusion en deux parties sur France 4 les 27 Octobre et 3 Novembre.

Sortie en DVD le 2 Novembre

2.5 / 5
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