Réalisation : Iain McDonald
Scénario : Maggie Wadey
Avec : Billie Piper, Blake Ritson, James D’Arcy, Michelle Ryan, Rory Kinnear, Catherine Steadman, Joseph Beattie, Hayley Atwell, Joseph Morgan
Durée : 1h35
1ère diffusion : 18 Mars 2007 (UK)
Histoire
« À l’âge de 10 ans, Fanny Price, issue d’une famille nombreuse et sans fortune, est envoyée dans le domaine de Mansfield Park pour y vivre auprès de lady Bertram et sir Thomas, sa tante et son oncle. Dans cette riche maisonnée, où elle est traitée avec la condescendance due à une parente pauvre, seul son cousin Edmund fait montre d’une réelle gentillesse à son égard. Avec les années, l’affection qu’il lui inspire en retour se mue peu à peu en un amour profond. Aussi souffre-t-elle en silence quand le jeune homme tombe sous le charme de Mary Crawford, spirituelle demoiselle en quête d’un beau mariage et devenue, avec son frère Henry, une familière de Mansfield Park »
Dans la famille Cendrillon, je demande Fanny de Mansfield Park. Cette jeune demoiselle, exploitée par ses nouveaux hôtes, est dirigée dans ses actes et ses pensées. On a là un personnage tout de suite attachant. L’objectif de Jane Austen (celle qui a écrit le roman d’origine, dont ce téléfilm est l’adaptation) est qu’on se prenne d’affection pour la jeune demoiselle. Alors que les autres personnages sont des aristocrates des plus ordinaires, qui n’ont que l’envie du pouvoir et de l’argent.
Le petit couac du film, c’est qu’on aurait très bien pu avoir une autre actrice. Non pas qu’elle joue mal, mais on a l’impression d’avoir là un rôle pour actrices interchangeables. Le réalisateur est plus dans l’optique de filmer les relations sociales entre chaque personnage, que de filmer la psychologie de son personnage Fanny. Or, le récit est du point de vue de Fanny. C’est vraiment dommage, d’autant que la réalisation n’est pas des plus déplaisantes.
Le domaine de Mansfield Park agit comme un espace beaucoup plus grand. A travers ce domaine, le réalisateur nous filme une société anglaise dans son ensemble. A coup d’opposition entre le fond et la forme, le film nous raconte une histoire. La photographie est sympathique, sans pour autant être formidable. L’intérieur des bâtiments est d’une précision époustouflante, mais l’extérieur est tout de même laissé au miminum. La forme agit alors commune une peinture flamboyante d’un groupe de gens fortunés.
En opposition annoncée, le fond sur l’aristocratie. L’intrigue du film est assez claire. On fait une satire très ouverte sur les règles et les morales des gens fortunés. Ainsi, on prend en pitié les gens dit pauvres. Une satire qui va jusqu’à s’infiltrer dans l’intimité de ces gens fortunés. Comem cette pièce de théâtre, intrigue dans l’intrigue, où les désirs de chacun et les trahisons causent les premiers problèmes. Un film qui sera constamment dans la manipulation de ses personnages, pour mieux les faire déraper et mieux les prendre à défaut.
Au milieu de tout cela, une jeune demoiselle qui ne demande qu’à être heureuse. Le spectateur est alors conditionné à prendre parti pour ce personnage, mais il ne connait pas la fin. La mise en scène, et notamment la direction d’acteurs, permettent au réalisateur d’emmener le spectateur où il veut. Même si la fin n’est pas étonnante, on n’aurait pas pu penser à une telle issue. Evidemment, une fin heureuse à la sauce « ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants » est assez classique, mais peut importe.
La narration linéaire du film ne prend jamais le pas sur le rythme du film. On suit avec plaisir les évènements entre la jeune demoiselle pauvre et ses hôtes fortunés, mais le récit ne va jamais réellement décoller. Par contre, le film prend le temps de nous présenter les personnages et de les explorer. Avec quelques ellipses et une voix off explicative lors de l’exposition, le film ne met en place aucune longueur. A partir de là, on assiste à une vraie valse des sentiments et des relations sociales.
Finalement, Mansfield Park est un film à l’opposition entre le fond et la forme. Une peinture flamboyante de l’espace, le domaine de Mansfield Park devenant la société anglaise tout entière. Des aristrocrates qui passent sous le peigne fin de la satire. Au milieu de cette satire sympathique, une jeune demoiselle pauvre, exploitée pour qui on se prend d’affection, et cela dès le début. Même si cela nous est quelque peu forcé à cause de la satire, il y a plus gros problème. Même si la réalisation est plutôt bonne, on restera déçu que le réalisateur ne vise qu’à filmer une intrigue de relations sociales, avant de filmer ses personnages pourtant si intéressants. Cela n’empêche pas qu’ils aient été bien explorés. Petite note finale : le jeu parfait de Billie Piper.
4 / 5