THE KILLING JOKE est un comics culte d’Alan Moore (scénario) et Brian Bolland (dessins), paru en 1988. Difficile depuis de retrouver des sagas de l’Homme Chauve-Souris qui ont autant d’efficacité et de noirceur. Son arrivée parmi les films d’animation DC Comics était un risque calculé : dans la gamme DC, certains animés restent brillants, et la présence de Bruce Timm à la production était une garantie de sérieux. Malheureusement, c’est tout l’inverse.
Dans THE KILLING JOKE version animé, c’est Batgirl la star. Ce qui explique sans doute, avant toute chose, une introduction de 25 minutes (soit un tiers du film) afin de mieux la caractériser, où elle déploie tous ses talents face à un criminel de moyenne envergure, et en la confrontant au héros dans l’ombre, un Batman qui respecte à peu de choses près la version Bolland. Malheureusement cette introduction se veut particulièrement indépendante, nous forçant après ce premier acte à reprendre une nouvelle histoire à sa base. Et ne parlons pas d’une scène « choc » que le film sort de son chapeau, et semble servir cette affirmation de l’héroïne sans trop se préoccuper de l’univers global de Batman. Réinventant une relation plus adulte entre les deux protagonistes, c’est maladroitement que la scène est intercalée au milieu du reste.
On part donc sur les nouveaux méfaits du Joker, récemment évadé d’Arkham Asylum, et de voir en parallèle sa création, une « origin story » particulièrement puissante dans le comics qui se révèle rapidement limité ici. Batgirl disparaît quelque peu (elle est la première victime du grand méchant), et la figure de Batman se veut bien plus humaine qu’à l’ordinaire, tentant de discuter avec le Joker plutôt que de l’arrêter sur le champ. Une version plus ou moins raccord avec le comics sur certains points, mais manquant de mordant à l’écran.
Techniquement, rien à redire du film où on reconnaît bien le haut patronnage de Timm ; c’est efficace, propre. THE KILLING JOKE commet quelques erreurs narratives, de ton également, montrant le côté maladroit de l’ensemble (sur un format d’1h20 sans doute trop court pour développer tranquillement l’histoire). Loin du chef d’oeuvre de papier, il marque sans doute le risque pris de vouloir adapter certaines sagas cultes. Et si quelquefois le résultat est plaisant, force est d’admettre qu’ici il n’y a pas grand chose à retenir…
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