Consécutivement à l’album 5:55 de Charlotte Gainsbourg et au projet solo Darkel de Jean-Benoît Dunckel, le duo AIR est retourné en studio pour donner une suite à Talkie Walkie , leur précédent album qui avait provoqué le plus grand nombre de réactions négatives pour cause de compositions légèrement bâclées. Que dire alors de ce Pocket Symphony sans feindre un étonnement qui reviendrait à de la mauvaise foi ? Car oui, ce nouvel album se situe dans la lignée de 5:55 et de la participation du duo versaillais au film Lost In Translation avec le titre Alone in Kyoto également sur Talkie Walkie . Sans la ranger dans la catégorie parfois péjorative des “disques d’ambiance”, cette symphonie de poche est une invitation à l’évasion, une expérience quasiment à vivre seul(e) et sans aucun autre bruit parasite. Tout au plus on s’accordera à prendre un livre pas trop captivant pour ne pas occulter la musique de ses oreilles. AIR a laissé place à l’instrumentalisation de ses compositions (à l’inverse de Darkel ) pour un résultat aérien et captivant. N’essayez pas d’y trouver des sonorités datant d’avant deux ans (amateurs des sublimes premiers albums, il n’y a plus tellement d’espoir de rencontrer des titres de la même veine), Pocket Symphony semble avoir repris les morceaux les plus calmes du duo pour les développer sur un disque entier.
Dans le détail, quelques titres se détachent pour des raisons pas toujours identiques. L’instrumental introductif Space Maker donne d’emblée le ton général. Ensuite, quelques notes vous feront lever la tête de votre bouquin pour vérifier le titre du morceau actuellement en écoute, qu’il s’agisse de Napalm Love, de Photograph ou évidemment de Mer Du Japon qui est le morceau possédant le plus de rythme (et c’est dire…). C’est peut-être le déclic qui vous fera adhérer définitivement à l’ensemble de l’album et plonger sans retenue sur sa fin (qui pourrait presque faire penser à une bande-originale de Silent Hill), avec le triste Lost Message, Somewhere Between Waking And Sleeping (qui possède des paroles !), ou les très soporifiques Redhead Girl et Night Sight.
Pas vraiment mauvais mais pas non plus du goût de tout le monde y compris les fans de AIR, Pocket Symphony saura faire le tri dans son auditoire pour n’en garder qu’une partie bien spécifique, aimant le côté calme et planant des compositions récentes.